5. Conclusion
A l’heure où le problème de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles- Halle- Vilvorde fait l’objet de toutes les discussions, conflit majeur pour un problème mineur, encrage par excellence du conflit entre droit du sol et droit des personnes, où l’on parle d’accroître le transfert des compétences fédérales vers les entités fédérées, n’est-il pas paradoxal de voir que c’est précisément à Bruxelles que se trouve le siège de pas mal d’institutions européennes (le Parlement européen, la Commission, le Comité des régions,…) qui ont pour but de renforcer le poids de l’Union européenne face à l’omnipotence américaine, face à la montée de l’Islamisme radical et du pouvoir économique de la Chine, de l’Inde et du Japon?
La grandeur des idéaux des révolutionnaires de 1830 ne risque- t-elle pas d’être réduite à néant par les velléités séparatistes voulant la fin de l’état belge, faisant fi de la solidarité et de la loyauté nécessaire dans tout état qui se veut fédéral (Bundestreue), (même si pour Marianne Thyssen les Flamands ne sont pas contre la solidarité, sous certaines conditions cependant)?
Notre pays, un Etat multiculturel (à condition toutefois qu'il y ait acceptation réciproque et mutuelle des différences), de part ses différentes communautés aussi bien belges -issus de cultures latine et germanique-,qu’étrangères, ne se doit- il pas d’être un laboratoire pour l’Europe, à l’aube de ce XXIème siècle où la notion de nationalisme, liée à la langue ou laculture (cfr Herder,Gellner pour qui il doit y avoir correspondance entre culture linguistique et frontière politique), créée au XIXè (nibelungen,…)a fait naître les guerres du XXème siècle et conduit actuellement à la création des micro-états (cfr ancienne Yougoslavie), de conflits linguistiques (cfr Québec, Catalogne,...)? Le danger est en effet de ne plus se connaître. Belgique, nouveau Kosovo ?, nouvelle Ossétie ?, ce serait très dommage
dans un état moderne et prospère au centre de l'UE !
Ne faudrait il pas concevoir un fédéralisme multipolaire plutôt que bipolaire, avec notamment la région bruxelloise et son hinterland , son rôle international et son aspect multiculturel,et le rôle de la communauté germanophone faisant ainsi une solution médiane par rapport à la solution suisse (26 cantons), au fédéralisme provincial dépassé?-tandis qu'une solution bipolaire comme l 'a montré JS Mill, ne peut conduire qu'au séparatisme . Pourquoi comme aux Etats Unis les états quelque soit leur population ont le même nombre de représentants au Sénat, ne pas renforcer dans les instances fédérales les représentants bruxellois et germanophones ? Le poids financier des communes obère aussi les finances globales, et donc on ne serait pas allé assez loin dans la fusion des communes.
Pourquoi, autre solution, ne pas découper le pays en trois bandes horizontales, dont les deux extérieures seraient unilingues (fr/néerl) et une bande centrale bilingue et même trilingue (fr/ndlds/alld) dans la région à l'Est de Liège ? Et que ces trois bandes concluent un serment de confédérés (Eidgenossenschaft en Allemand helvétique ) ou simplement des accords de coopération renforcés ce qui éviterait le confédéralisme. Mais entre cette belle construction théorique et la réalité politique de terrain il y a un pas ! Pour résoudre ce conflit ethnique, chacun doit comprendre les enjeux que poursuit l'autre (KH Lambertz)
Enfin en ce qui concerne l'équipollence des normes, il faut instaurer le principe de droit allemand « Bundesrecht bricht Landesrecht » à partir du moment où des compétences aujourd''hui exclusives redeviennent concurrentes .
Une solution à ces problèmes institutionnels s'impose pour solutionner les problèmes sociaux-économiques plus facilement, c'est en ce sens que Joëlle Milquet a conclu un congrès récent du cdH en ces termes « avoir dans ce pays une respiration d'essentiel ».
Et un dialogue un peu compétitif doit naître tout en respectant les lacunes de chacun et en cherchant à les améliorer par des opérations win-win.
Le présent travail n’a bien sûr pas la prétention d’être exhaustif, à l’instar de la bible en plusieurs volumes de l’histoire de Belgique qu’a écrite Henri Pirenne- pour qui la Belgique indépendante est l’évolution naturelle d’une nation belge qui existait depuis longtemps et à ce sujet Wils affirme d’ailleurs que la formation de la nation belge remonte à 1430 et à Philippe le Bon -ou d’autres auteurs plus récemment. Il faudra voir si après la thèse de la Nation qui fait l'Etat, l'Etat continuera à faire la Nation.
Des pans entiers sont éludés comme par exemple les périodes précédant l’époque espagnole, toute l’histoire de la colonisation du Congo et l’histoire de nos six souverains et de la dynastie belge, les événements en Belgique durant les deux guerres mondiales (notamment la défense héroïque de notre pays par Albert Ier dans les tranchées de l’Yser et toute la question royale avec la régence du prince Charles) mais mon seul but par celui-ci est de s’intéresser à l’histoire de mon pays ainsi qu’à l’explication de noms de rues et statues de Bruxelles par lesquelles on passe sans en connaître l’origine, à l’occasion du double anniversaire fêté cette année-ci, de faire un flash-back, une machine à remonter le temps, pour porter à la connaissance d’ami(e)s intéressé(e)s les faits qui ont marqué l’histoire d’un petit pays qui pourtant a vu naître en son sein de hommes de valeurs qu’ils soient politiciens, professeurs, scientifiques, artistes, inventeurs, ou autres et dont le territoire fut longtemps un enjeu pour les puissances qui ont dominé l’Europe du deuxième millénaire. D’où la question : que deviendra la Belgique à l’aube de ce troisième millénaire où dans la presse, certains cabinets et hautes sphères politiques, on évoque parfois sa fin prochaine?
De toute façon, comme le souligne l'historien Vincent Dujardin, tous les états du monde sont artificiels au plan historique et pour Renan « les nations ne sont pas éternelles ». Mais la Belgique n'est pas pour autant un château de sable qu'on lègue à la mer . « Il faut des rejointoyeurs pour consolider le mur Belgique »(sic André Antoine rtbf radio 9/7/08) .
Mais en trois ans après l'année 2005 où l’on a fêté un double anniversaire dans notre pays, mais aussi le centenaire du Collège St Michel, du début de la construction de la Basilique de Koekelberg, de la naissance de la reine Astrid (malheureusement décédée trop jeune suite à un accident de la route le long du lac des quatre cantons à Küssnacht en Suisse), espérons quand même qu’on pourra fêter le bicentenaire de l’indépendance de notre pays dans 22 ans !
Michel Delporte
Candidat en droit (F.U.N.D.P,1984), 1ère licence (UCL ,1985), divers certificats du SPR ( Selor), polyglotte
ex-étudiant Ichec-Cergeco-Culture et de l'Instituto Cervantès
Emails : micdelp@hotmail.com, michel.delporte@lachambre.be