Chapitre 1 : Evénements de la révolution belge et visite guidée du centre de Bruxelles


J’ai volontairement mélangé les aspects historiques, architecturaux et juridiques.


Le 18 juin 1815, l'Aigle est à bout de souffle,Napoléon est défait à Waterloo par Wellington, ce qui clôture l’épisode des Cent jours durant lequel Napoléon a une fois de plus bravé l’Europe.

On décide alors au Congrès de Vienne de rattacher la principauté de Liège et nos régions aux Pays-Bas qui formeront les 17 provinces sous la direction du Roi Guillaume d’Orange, « le Prince souverain».

Le but est de créer une barrière, un état tampon pour freiner l’expansionnisme français.(L'historien allemand Karl Lambrechts définit ainsi la Belgique comme une « terre d'entre deux »)

Les cantons d’Eupen, Malmédy et Sankt–Vith seront rattachés à la Prusse et le Grand -Duché de Luxembourg deviendra possession de Guillaume d’Orange.

Une « Loi fondamentale » sera d’application dans nos régions.

Mais même s’il essaiera de développer nos régions au plan économique en créant notamment la « Société Générale des Pays-Bas pour favoriser l’Industrie nationale »(1822), s’il combattit la mendicité et l’analphabétisme au nom du despotisme éclairé, s’il développa l’enseignement (ministre Falk) le roi Guillaume sera très vite mal vu des catholiques, étant protestant et parce qu’en outre les Belges qui formaient les deux-tiers de la population étaient sous-représentés dans l’administration(10%) et parce qu’il y avait un contrôle de l’Etat sur l’enseignement (mécontentement des prêtres suite à la suppression des écoles catholiques primaires et secondaires) et sur l’industrie (d’où chômage dans nos régions). En outre, la pression fiscale était lourde (droits de meunerie et d’abattage dans les campagnes), la crise économique de 1829 marquée par l’augmentation du prix du grain (la météo et l’influence sur les moissons y sont souvent pour quelque chose dans les révolutions),l’usage du néerlandais dans la vie publique et les entraves à la liberté de la presse vont accroître l’animosité contre l’occupant. C’est l’époque de l’essor du capitalisme industriel et l’émergence de la classe bourgeoise.


Cela va susciter la contestation qui va s’exprimer dans des articles de divers journaux . (ex :le journal de Louvain, le Catholique des Pays-Bas, le  Matthieu Laensberg , le Courrier de la Meuse,…). Des journalistes seront emprisonnés.

A titre d’exemple voici un pamphlet, parodie du Notre Père, qui décrit la haine vis à vis de Guillaume d’Orange :

”In den naam des Konings, des zoons en des helschen geest, Amen »

Heer Koning die in s’Gravenhagen zijt,

Vervloekt zij Uwen namen, laet ons vermalendijlen uwen rijken,

dat uwen wille Nimmermeer geschiede in ons land als bij de vreemde mogenheden.

Wij zullen tragten te krijgen ons dagelijks brood. Laet ons schulden, en betaeld d’uwe zelve. En leyd de fabrikanten niet meer in kwaede bekoringe.

En verlost ons van Chassé

en geheel uwen aantrek.Amen.”


« Au nom du Roi, du fils et du mauvais esprit, amen.

Roi qui réside à La Haye,

Que ton nom soit damné,

que tes richesses soient maudites, que ta volonté

Plus jamais n’ait cours ni dans notre pays ou sur des puissances étrangères,

Nous essaierons de recevoir notre pain quotidien.

Acquitte nous de nos dettes et paie les tiennes.

Et ne mène plus les fabricants à conclure de mauvaises affaires

Et délivre nous de Chassé et de tout ton attroupement. Amen »


L’essor du capitalisme industriel et l’émergence de la classe bourgeoise voulant rejeter les vieilles structures féodales et cléricales en sont aussi des causes pour l’historienne de la VUB Els Witte.

C’est en effet surtout à l’instigation de gens de la classe moyenne( avocats, commerçants, militaires de rang subalterne et journalistes) que ce mouvement apparaît avec notamment des gens jeunes comme Joseph Lebeau(Huy),Devaux, Rogier (30 ans),Sylvain Vandeweyer (28 ans) ainsi que Jean-Baptiste Nothomb(25 ans), De Potter, d’Hoogvorst, Ducpétiaux , de Coppin et J.Van der Linden qui avaient été formés dans les écoles bonapartistes. Mais il y avait des dissensions entre les libéraux modérés qui tenaient l’hôtel de ville et le club révolutionnaire « la réunion centrale » qu’animait Charles Rogier. L’abbé de Haerne ( nom d’une rue à Etterbeek), originaire de Courtrai et âgé de 26 ans sera aussi très actif par ses pétitions et par son opposition à la politique de Guillaume au Parlement hollandais. Révolution bourgeoise essentiellement donc même si un historien amateur comme Maurice Bologne prétend qu’il s’agit d’une révolution populaire.

« Il est un fait que cette révolution a été faite par le peuple puis confisquée par la bourgeoisie et qu'elle fait partie d'un mouvement transeuropéen de révolutions bourgeoises marquées par un patriotisme nationaliste poursuivant un objectif de liberté »(Michel Dumoulin,RTBF radio,19/07/2006)



Il faut dire qu’en effet, à la même époque, en 1830 en France gronde une révolution (les « Trois Glorieuses » du 27 au 29 juillet 1830) contre Charles X qui sera remplacé par Louis Philippe 1er d’Orléans.Cela va avoir des répercussions: le 25 août au Théâtre de la Monnaie on joue la « Muette de Portici » un opéra d’Auber, qui exalte le patriotisme des Napolitains contre leurs oppresseurs espagnols :

«Mieux vaut mourir que rester misérable !

Pour un esclave est il quelque danger ?

Tombe le joug qui nous accable,

Et sous nos coups périsse l’étranger

Amour sacré de la patrie,

Rends nous l’audace et la fierté !

A mon pays je dois la vie,

Il me devra la liberté. »

Comme on le voit, rien ne manque à cet opéra pour vanter l’amour le plus pathétique et l’héroïsme le plus noble !

(Le théâtre de la Monnaie tire son nom du fait que s'y trouvait auparavant l'atelier monétaire du Duc de Brabant, l'hôtel d'Ostrevent : le financier romain Bombarda et le compositeur vénitien Fiocco achetèrent ce bâtiment pour y ouvrir un théâtre lyrique privé.Napoléon ordonna de le reconstruire.Il brûla plusieurs fois(1855), puis fut redessiné par Poelaert et des ajouts furent construits récemment à la demande de G. Mortier pour créer une salle de répétition de ballet et des locaux administratifs ; Béjart y présenta plusieurs fois son «  Ballet du XXème siècle » et suite à un conflit avec Lifar se battit en duel avec lui au Mont des Arts). C'est à partir de 1960 à l'instigation de Maurice Huismans et plus tard de Gérard Mortier qu'il allait devenir une des premières scènes lyriques du monde.(voir aussi infra chapitre « la Belgique et les arts »)


La révolution s’enfle, une « garde bourgeoise » dirigée par Emmanuel Vanderlinden d’Hoogvoorst va essayer de rétablir l’ordre.

La commission administrative deviendra le « Gouvernement provisoire ».(GP)

En début septembre, c’est aussi du théâtre de la Monnaie que le ténor « La Feuillade » va entonner sous un délire de l’assemblée la « Brabançonne » de Jenneval (de son vrai nom Louis-Alexandre Déchet, originaire de Lyon) sur une musique de Van Campenhout, qui a eu quatre versions adaptées en fonction de l’évolution des événements dont en voici un extrait de la première:


« Mais malheur, si de l’arbitraire

Protégeant les affreux projets sur nous du canon sanguinaire

Tu venais pointer les boulets !

Alors tout est fini, tout change ;

Plus de pacte, plus de traité

Et tu verrais tomber l’Orange

De l’arbre de la liberté »

La première fois, Jenneval lut sa « Brabançonne » dans le café « l’Aigle d’Or » rue de la Fourche.

La version actuelle est l’œuvre de Charles Rogier rédigée en 1860, pour les 30 ans de l’indépendance.


Des voix crient « au National ! » : c’est un objectif symbolique, et l'on brise les vitres du journal gouvernemental et dévaste la demeure de son directeur Libry-Bagnano appelé ainsi car il avait fait de la prison, du bagne en France. La maison du commissaire Knyff est aussi ravagée de fond en comble de même que celle du ministre Van Maanen incendiée.


En entier, l’héraldique décrit l’emblème de la Belgique comme un écu de sable, au lion d’or, armé et lampassé de gueules (le lion est jaune sur fond noir aux griffes et langue rouge).La Belgique adopta donc très vite le lion comme emblème car cet animal symbolise la puissance et le courage, caractère du peuple belge déjà décrit par Jules César (« Gallorum fortissimi sunt Belgae »).

(A noter pour l'anecdote que la ville de Leuven ne tire pas son nom de « leeuw » mais du vieux germanique « Lubanja » signifiant « ce qui est aimé ».)

L’Autrichien Michael von Eitzing l’utilise déjà en 1583 dans son livre « De leone Belgica », reportage de guerre sur la révolte des Pays-Bas.

(A noter aussi pour l'anecdote que le lion est le logo des grands magasins Delhaize, de la banque néerlandaise ING qui a racheté la Banque Bruxelles Lambert(BBL) et de la marque de voiture Peugeot de la même que nom « Léonidas » marque de pralines très populaires signifie en grec« lion like » et que la ville de Leuven ne tire pas son nom de « leeuw » mais du vieux germanique « Lubanja » signifiant « ce qui est aimé ».)


En vieux tudesque, le mot « belgen » signifie « quereller, disputer ».

En celtique, le mot « bolg » voulait dire « colérique », trait de caractère de certaines tribus de nos contrées.

Belgica est aussi le nom d’une nymphe, une jeune femme majestueuse drapée à l’antique, coiffée de lauriers ou d’une couronne murale censée représenter les villes qui forment le pays. Le mot Belgique était aussi auparavant utilisé comme adjectif.(les Etats belgiques unis).


La devise nationale « l’Union fait la Force » trouve son origine dans une décision des Etats généraux en 1578 qui avait choisi le blason du Brabant pour sceau. Sur ce sceau était indiqué en latin « concordia » et « virtus unita fortior » ce qui devint « Eendragt maek magt », devise reprise par les patriotes en 1789 et traduite en français «  l’Union fait la Force ».(anc. 125 Const., act. 193 Const.) A noter que cette devise est aussi celle d’une des familles royales régnant sur l’Etat africain du Bénin et figure en lettre cyrillique sur le fronton du parlement bulgare à Sofia.


Le drapeau actuel dont les couleurs proviennent de la Révolution brabançonne a été adopté par les Wallons qui s’étaient ralliés aux couleurs du Brabant et avaient adopté aussi la Brabançonne. Une peinture de Emile Vermeersch montre Marie Abts confectionnant le premier drapeau le 26 août 1830. Une plaque le rappelle au coin de la rue de la Colline avec celle du Marché aux Herbes.(couleurs peintes à l’envers)

Pour éviter la confusion avec le drapeau hollandais, on décida de mettre les couleurs verticalement par rapport à la hampe. Les deux dispositions ont cependant subsisté jusqu’à 1838.


Le premier timbre est émis le 1er juillet 1849 sur lequel figure bien sûr Léopold 1er.


La place des martyrs (créée en 1775 qui s’appelait auparavant place St Michel) fut débaptisée par les Français pendant la révolution française en  « rue de la Blanchisserie » car elle était occupée précédemment par des blanchisseries et des jardins potagers.

Elle était plantée de tilleuls et servait de marché aux forains et aux potiers.

A la suite des événements de 1830 la place St Michel devint la place des Martyrs : après les combats des 25, 26 et 27 septembre 1830 (ce dernier jour étant devenu le jour de la fête de la Communauté française) où s’y étaient rassemblés 5 à 600 personnes chantant et criant, le gouvernement provisoire décrète « qu’une fosse commune sera creusée sur cette place pour recevoir les restes des citoyens morts dans les mémorables journées de septembre et qu’un monument transmettrait à la postérité les noms des héros et la reconnaissance de la patrie ».En fait si 450 victimes y sont enterrées, Frédéric de Mérode l’est ailleurs, au cimètière de Berchem près d'Anvers, et dans la chapelle de « la délivrance » de la cathédrale Saint-Michel et Gudule deux tombeaux en marbre honorent sa mémoire. A noter que la révolution causa la mort -outre les victimes belges- de 536 Hollandais, blessa 1226 Belges et 830 Hollandais et détruisit 41 maisons tout en provoquant des dégâts à 400 maisons.

Le nom entier est donc « place des martyrs de la liberté ». L’auteur de la Brabançonne Jenneval y est inhumé avec ses compagnons d’armes. Un monument lui est dédié en 1897 ainsi qu’à Frédéric de Mérode(1898) alors que Geets y a conçu un troisième monument inauguré en 1838 où sur un piédestal se dresse « La Patrie ». Des bas-reliefs y illustrent notamment les patriotes prêtant serment de mourir pour l’indépendance et les volontaires s’élançant à l’assaut du parc.

Aujourd’hui s’y trouvent le siège du gouvernement flamand (qui a voulu ainsi essayer de marquer l’emprise de la Flandre sur Bruxelles mais la ville de Bruxelles a mis un frein en rachetant des bâtiments dont certains vont servir au logement) et de son président , un théâtre et le siège d’un centre culturel francophone. Sous la domination autrichienne, donc à la fin du 18è siècle, l’architecte français Fisco aidé de Guimard a donné à cette place un style classique français.


Le « passage du Nord », œuvre de Cluysenaar en 1840 (auteur aussi des Galeries St Hubert, Bortier et du conservatoire) est de style éclectique. Le but de ces galeries (souvent construite avec un financement privé comme celui du banquier Demot) est de donner une image prospère de Bruxelles afin d’attirer les capitaux étrangers. En effet jusque 1914 le régime fiscal en Belgique était l’un des plus favorables en Europe. A côté se trouve sur la gauche une maison Art Nouveau sobre (décoration florale à la corniche et symétrie dans les étages).

La magasin de vêtements« Zara » (où se trouvait auparavant le cinéma Métropole) possède une façade plate avec des côtés arrondis à l’entrée et a été conçu par l’architecte Blommaert vers 1927 qui a utilisé la pierre jaune de Gobertange aussi utilisé pour l’hôtel de ville. Cette pierre est poreuse et est rapidement salie par la pollution.


A proximité se trouve l’église du Finistère, la rue Neuve qui à l’origine rejoignait le rempart de la rue Fossé aux Loups à celui du boulevard de la petite ceinture. Percée à la fin du 18ème siècle, elle comportait pas mal d’hôtels de maître, était donc aristocratique et ce n’est qu’après 1945 qu’elle est devenue une artère commerçante, avec au départ des magasins de luxe (le premier fut un magasin de confection) . Jusque 1865, le grand Bruxelles comptait 13 rues Neuve. La rue Grétry (compositeur liégeois) possède un alignement de façades éclectiques.


La place des barricades où séjourna Victor Hugo, - qui faisait partie des proscrits du coup d’état de 1851 contre Napoléon III, qui pénétra chez nous avec un faux passeport au nom de Firmin Lanvin -avant qu’il n’aille habiter sur la Grand Place (« au Moulin à vent ») après avoir admiré Mons et son beffroi (qu’il détestait en fait car le carillon le réveillait et qu’il a décrit comme une énorme cafetière flanquée en dessous du ventre de quatre théières moins grosses) tient aussi son nom des journées révolutionnaires. C’est à Waterloo devant la butte du lion qu’il termine « les Misérables » en 1861 et à Bruxelles mourut en 1868 son épouse Adèle. Il surnomma Bruxelles « la ville blanche » pour ses nombreuses façades de cette couleur.

C’est en 1873 que Paul Verlaine suite à une dispute tire sur Arthur Rimbaud à Bruxelles et il sera écroué d’abord dans ce qui est aujourd’hui le « Club Prince Albert » sis 20, rue des petits carmes près du petit Sablon, puis à la prison de Mons.


Marx expulsé de France par le gouvernement Guizot arrive à Bruxelles le 1er février 1845 et Engels a aussi trouvé asile un certain temps dans notre pays. Marx resta trois ans durant lequel il organisera des réunions à la « Maison du Cygne » sur la Grand Place et publiera « le manifeste du parti communiste » sans toutefois visiter le Borinage et il sera expulsé pour éviter la contamination » de ses idées révolutionnaires. Il décrira notre pays comme « le paradis du capitalisme industriel , le terrain de chasse privé des capitalistes et des curés». Bakounine restera aussi un petit moment dans notre pays.

(La révolution russe quant à elle avait été préparée par Lénine à Zurich  dans le café « le Voltaire » sis dans la « Spiegelgasse », soit dans la même rue où naquit le mouvement dadaïste qui, lui ,était pacifiste. Lénine sera rapatrié de force par train en Russie par les Allemands pour forcer la Russie à capituler face à l’Allemagne).

De même parmi les autres exilés on peut citer Alexandre Dumas (qui a habité au 73, boulevard de Waterloo)et Rodin le sculpteur (à l’intérieur et l’extérieur de la Bourse et en face du café le Falstaff)., Baudelaire (qui logeait à l’hôtel du Miroir sis rue de la Montagne) et le peintre Louis David (peintre de Napoléon-1820) et Einstein fuyant le régime nazi (théorie de la relativité et des kwantums en 1905 pour laquelle il recevra le prix Nobel en 1921).Eduard Douwes Dekker sera aussi en exil à Bruxelles vers 1859 car il était recherché pour dettes de jeu, et il y adoptera le surnom de Multatuli pour écrire son roman Max Havelaar décrivant l'occupation hollandaise en Indonésie. Max Havelaar est devenu aussi le nom d'un label de commerce équitable de café , bananes et roses.Pas mal de réfugiés logèrent dans un hôtel sis rue des éperonniers en 1851 sauf Victor Hugo.


Parmi les autres personnes dans ce mouvement de révolte , citons Chazal (rue près du boulevard Lambermont à Schaerbeek ; il fut ministre de la défense et à cause d’un duel pour l’honneur fut le premier cas où la Cour de Cassation dut juger un ministre avant l’affaire Coëme), Alexandre Gendebien (avocat à Mons, leader de l’opposition francophile à Guillaume d’Orange et dont la statue trône au square Frère-Orban) , le fameux  «Charlier jambe de bois» car il avait perdu sa jambe au côté de Napoléon à la bataille de Waterloo ( dont l’efficacité de ses tirs de canon à la Place Royale repoussa une attaque hollandaise et rendit possible l’occupation du palais royal ).

Charles de Brouckère qui deviendra le premier ministre des Finances dont un des descendants Henri fut le chef du gouvernement libéral vers 1850.(« un homme religieux modéré portant un habit conservateur sous un manteau libéral »)


Des gens vont venir de province pour gonfler le mouvement de révolte.(Mons, Louvain)

Mais le prince Guillaume d’orange va envoyer ses deux fils avec une armée de 8 à 10000 hommes à Bruxelles.


Nous sommes dans le parc de Bruxelles, où eurent lieu les luttes les plus sanglantes, c’est ici que les troupes hollandaises dirigées par Frédéric, le deuxième fils de Guillaume 1er,s’étaient regroupées pour éviter les embuscades, et d’où elles se sont enfuies le 27 septembre vers 3,4 heures du matin au grand étonnement des troupes belges dirigées par Don Juan Van Halen, qui voulaient y faire l’assaut final.

Ce qui favorisa aussi l’indépendance de la Belgique, c’est qu’en Pologne à Varsovie en 1830 régnait une révolution et que les Russes s’y trouvaient pour la mater et ne purent venir à la demande que leur avaient adressée les Hollandais au nom de la Sainte Alliance.(polémique à ce sujet) En outre, le roi de Hollande avait épousé Anna Pavlovna, la sœur du Tsar Nicolas 1er.

En fait, les grands banquiers(Rothschild,..) ne souhaitaient pas financer une nouvelle guerre européenne.

C’est lors d’une réunion à Londres où étaient présents Talleyrand et Palmerston qu’on décida d’octroyer l’indépendance de la Belgique le 20 janvier 1831. La Belgique et les Pays Bas resteront sur pied de guerre jusqu’en 1839.

En effet, pour protester contre le traité des XVIII articles (9 juillet 1831) qui assurait à la Belgique l’accès aux bouches de l’Escaut, les Hollandais reprennent la guerre et pénètrent en Belgique : ce sera « la campagne des dix jours » en août 1831 marquée par les victoires hollandaises à Hasselt et la prise de Louvain mais les Français leur barreront la route.

Le 14 octobre 1831 le traité des XXIIII articles donne à la Belgique la partie wallonne du Luxembourg et aux Pays-Bas les bouches de l’Escaut et du Luxembourg.(scission du Limbourg)

En 1832, les Belges récupèrent la forteresse d’Anvers qui avait été occupée par le Général Chassé ,surnommé le général  baïonnette ,qui avait déjà bombardé la ville durant les journées révolutionnaires de 1830. (Episode dans le port d’Anvers du navire de guerre de Van Speyck qui le fit sauter, en provoquant la mort de 31 occupants)

En 1839, par le traité de Berlin dit « quintuple », les cinq puissances entérinent le traité précédent et lui accordent un statut de neutralité, qui sera violé lors de l’entrée des armées allemandes le 4 août 1914 (d’où le nom de la place située à proximité du Métro Thieffry à Etterbeek) à Herve(traité qualifié alors de bout de papier, de chiffon par les Allemands « a scrap of paper ») et dont elle sera affranchie par le traité  de Versailles.(A noter à cet égard la défense dirigée par le Général Leman des 12 forts de Liège dont celui de Loncin qui a résisté le plus longtemps et ne s'est rendu que suite à un obus lancé par la « Grosse Bertha ».


La Belgique perd alors la partie du Limbourg situé à l’est de la Meuse(dont Maastricht , Roermond et Venlo) et une partie du Luxembourg.

Le Luxembourg fut pendant un certain temps possession personnelle de Guillaume d’Orange. Les Prussiens qui occupaient la place forte de Luxembourg-ville ne partiront qu’au moment de l’indépendance du Grand- Duché. La haute bourgeoisie commerçante de Anvers et Gand demeura longtemps orangiste après la révolution.

Lors de la révolution en France de 1848 qui chassa le roi Louis Philippe, roi des Français, une tentative d’invasion par des exilés belges de France regroupés au sein de « la société patriotique » fut arrêtée au « risquons-tout » près de Tourcoing par une petite armée composée de 200 fantassins et 25 cavaliers.

A noter que sous Napoléon III (1870), une reconquête de notre pays par la France (alliée à la Prusse de Bismarck) fut mise à néant par l’Angleterre qui la força à démentir son projet.


Ce parc royal (ou de Bruxelles car on le confond parfois avec celui de Laeken), jadis vallonné, agrémenté d’étangs, aménagé d’abord à l’arrivée des Habsbourgs (début du 18ème siècle) à l’emplacement de la Warande ( ce nom originaire du picard signifie à l’origine parc, garenne :terrain de chasse pour les lapins, puis parc pour animaux et en effet on y trouvait des sangliers et des cerfs (d’où le nom en néerlandais « Warande park »)), mais aujourd’hui égalisé et relevé par rapport à sa hauteur de 1730, a été conçu et terminé par Joachim Zinner et Barnabé Guimard en 1785 dans le style des parcs à la française (jardins des Tuileries de Paris).


S’y déroule chaque année la fête nationale du 21 juillet, fixée en 1890 par le Parlement à cette date qui est en fait la date anniversaire de la prestation de serment de Léopold premier de Saxe-Cobourg-Gotha en 1831 devant l’entrée de l’église St Jacques en Coudenberg ). De ce parc, on peut voir les bâtiments des trois pouvoirs que compte la Belgique, trois pouvoirs qui doivent être séparés selon la théorie de Montesquieu et pouvoir se contrôler : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Dans le parc on peut aussi voir une sculpture en souvenir des victimes des pédophiles de Jean-Michel Folon,- dont plus de 300 œuvres, aquarelles, affiches et sculptures sont exposées dans son musée au château (Solvay) de La Hulpe qui est entouré d’un magnifique parc -qui vient de décéder ce 20 octobre 2005 à Monaco et à propos duquel Jacques Chirac a dit « son talent est aussi grand que son cœur ». Une statue du Tsar Pierre le Grand s’y trouve aussi côté palais royal peut-être, raconte l’anecdote, parce qu’on l’aurait retrouvé ivre là à la suite d’une fête. On y trouve aussi autour de la pièce d'eau divers dieux de l'antiquité dont Cupidon et sa mère Vénus, et sa grande ennemie Diane, déesse de la chasteté. On y trouve aussi un kiosque construit par Jean-Pierre Cluysenaar.


A l’instigation de Charles de Lorraine, le quartier était un quartier aristocratique d’où le nom donné à chacune des rues latérales, rue Royale et rue Ducale.


Le théâtre du Parc fut à l’origine un théâtre pour enfants, construit à côté d’un Vaux Hall, œuvre des frères Bultos en 1782. Puis on y joua des opéras comiques et opérettes, avant de devenir en 1879 la salle de spectacle la plus littéraire, la plus éclectique et la plus suivie de Bruxelles. Derrière le théâtre du Parc, on trouve le « cercle gaulois » ,construit sur les plans de Montoyer, celui-ci fut entre 1820 et 1870 le lieu du « concert noble » et aujourd’hui continuent à s’y organiser les réunions de la société littéraire et des arts ainsi que des réunions privées entre universitaires de toutes les facultés francophones ( d’où le nom « gaulois » remplaçant le terme « toison d’or » après la première guerre mondiale), entre diplomates et artistes. A remarquer les caryatides dues au sculpteur Rude et les beaux lustres en verre de Murano dans la salle de bal. On y trouve un portrait d’Angélique d’Hannetaire, une courtisane, qui influença notre politique étrangère en fréquentant le prince de Ligne et un portrait de Charles V jeune, qui est aussi dans l’ascendance de notre dynastie des Saxe-Cobourg.( A noter qu'un autre cercle huppé, le « cercle de Lorraine » tient ses réunions dans le château qui était la propriété du maréchal Mobutu à Uccle).


Mais revenons aux trois pouvoirs.


1) Le parlement avec à l’aile gauche le Sénat et à droite la Chambre. ( qu’on distingue à l’intérieur par les tapis rouge/vert) forme le pouvoir législatif.

La maison des parlementaires adjacente à droite est l’œuvre de l’architecte Henri Beyaert. A l’origine en 1831 il y avait 102 députés et 51 sénateurs. La première réunion eut lieu le 8 septembre 1831.

Un chroniqueur russe de passage au 19ème a dit : « Dans aucun autre parlement on ne profère visiblement autant de jurons à l’encontre de ses adversaires qu’ici »ce qui démontre le caractère houleux des débats qui s’y déroulaient. Le premier président de la Chambre en fut le Baron de Gerlache qui présida la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, avant qu'il ne devienne le premier président de la Cour de Cassation.


Au cours de différentes réformes, les pouvoirs du Sénat dont le premier président fut le baron de Stassart ont été réduits alors qu’auparavant les mêmes textes de loi devaient être adoptés par les deux assemblées, ce qui mettait parfois du temps (« phénomène de navette »). Le Sénat était conçu initialement comme une chambre composée d'élus plus âgés destinée à tempérer les éventuelles initiatives inconsidérées de la Chambre. En effet, il fallait avoir 40 ans pour être élu sénateur jusqu’à une modification qui a ramené l’âge de l’éligibilité au Sénat à 21 ans. A noter que les enfants du roi appelés à régner sont sénateurs de droit avec voix délibérative dès l’âge de 21 ans. La Chambre compte 150 (auparavant 212) députés tandis que le Sénat compte 71 membres (auparavant 150)dont des sénateurs cooptés (10)et des sénateurs communautaires(21). Le nombre en a été réduit vu la présence de parlements régionaux et communautaires. La révision de la Constitution, les lois spéciales concernant la structure et le fonctionnement des institutions de l’Etat, les lois concernant l’organisation judiciaire, la ratification des traités internationaux et la création de commissions d’enquête restent des compétences communes à la Chambre et au Sénat. Les projets et propositions de loi sont discutés en commissions préalablement à leur vote en séance plénière, commissions qui ne sont pas à confondre avec les commissions d’enquête qui sont apparues depuis plusieurs années et qui ont fonctionné notamment dans l’affaire du drame du Heysel (le 29 mai 1985 suite au match entre Liverpool et la Juventus de Turin), de l’affaire Dutroux (présidée par Marc Verwilghen), des sectes, de l'assassinat de Lumumba, de la faillite de la Sabena (présidée par Raymond Langendries) suite aux agissements de la Swissair sur la Sabena.


La question du rôle futur du Sénat se pose, et ce depuis les négociations de la « Table ronde » en 1965 : certains voudraient le voir évoluer en une Chambre paritaire de représentation des Régions et Communautés (Delpérée), avec éventuellement des membres élus sur une circonscription nationale, d'autres une Chambre diplomatique (dans ce cas, la Chambre des représentants se consacrerait exclusivement à la politique intérieure) ou de réflexion. Enfin, certains voudraient le voir disparaître car le trouvant inutile (Reynders), ou encore une sorte de « Bundesrat » pour l'arbitrage des conflits d'intérêts avec 30 sénateurs fédéraux (M.Eyskens) .


Après l’incendie qui dévasta le Palais des Ducs de Brabant en 1731, le quartier autour de la Place royale et le Parc de Bruxelles fut réaménagé selon les plans de l’architecte Guimard.

On y distingue les symboles maçonniques - mais c’est controversé -(la franc-maçonnerie, créée par la pasteur anglais Anderson, n’était pas anti-cléricale à l’époque avant son orientation libérale sous Verhaegen et même notre premier roi en faisait partie) comme le compas, le marteau, l’équerre. A noter qu‘aujourd’hui on trouve à Bruxelles deux temples maçonniques, celui de la rue de Laeken de style égyptien et celui de la rue du Persil « le cercle des amis philanthropiques ». Le Grand Orient de Belgique, constitué en 1833 est la plus ancienne Obédience ou Fédération belge de Loges maçonniques ayant pour objet la recherche de la vérité et le perfectionnement de l’humanité en rejetant tout dogme et se fondant sur la liberté et la tolérance, le libre-examen.


La première pierre du Palais de la Nation ,à l’origine Chambre du conseil général, construit sur les plans de Guimard, fut posée en 1779, sous le gouvernement de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Le style est néo-classique. Il traduit les idées du siècle des Lumières. Il fut initialement affecté au Conseil souverain de Brabant, institution suprême du duché de Brabant en matières judiciaire et administrative. Sous le régime français (1796-1815), il abrita des tribunaux et servit même de prison et même un hôtel des étrangers y fonctionna quelques années dans l’aile occupée par le Sénat. Sous la période hollandaise, l’architecte Van der Straeten aménagea les bâtiments actuels, les Etats généraux des Pays-Bas se réunissant alternativement ici et à La Haye. La salle de l’hémicycle de la Chambre, détruite par un incendie en 1883, a été reconstruite par Beyaert tandis qu’à différents endroits se trouvent des peintures (notamment de Gallait et Lalaing dans l’hémicycle du Sénat), des bustes, peintures, des portraits et tapisseries de la famille royale, des premiers ministres et présidents des assemblées ainsi que des chefs d’Etat ayant gouverné nos régions avant l’indépendance du pays. Le quartier où se trouve le Parlement fédéral est appelé curieusement « Notre-Dame-aux-Neiges » car en fait, on y invoquait la Vierge protectrice au manteau blanc de neige qui demanda la construction de Ste Marie- Majeure à Rome.


A noter que sur le territoire de Bruxelles, se trouvent cinq parlements (le Parlement fédéral, le Parlement de la Communauté française au coin avec la rue Royale, le Parlement bruxellois (rue du Chêne), le Parlement flamand (proche du Parlement fédéral) et le Parlement européen).


2) De l’autre côté se trouve le palais royal, le roi étant le chef de l’Etat, de l’Exécutif avec le gouvernement mais aussi chef de l’armée et branche du pouvoir législatif (par la « sanction »-art 36 Const.). Mais le roi est irresponsable politiquement et sa personne est inviolable (art 88 Const.), ce qui se marque par le fait que tous les actes du roi sont contresignés par un ministre qui par cela seul s’en rend responsable. (Le problème s’est posé lors du refus du roi Baudouin pour objection de conscience de contresigner la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (proposition de loi Herman-Michielsen-Lallemand suite à la condamnation du docteur Peers).

En outre on ne peut «découvrir la Couronne», ce qui signifie qu’on ne peut jamais révéler le contenu des entretiens du Roi avec ses ministres ou négociateurs qui doivent donc rester secrets.( principe du secret du colloque singulier)


On dit que, du temps de Léopold II, il y avait des souterrains qui reliaient le palais au Parlement appelé par le dit Roi « la baraque d’en face ».


Le palais royal est construit sur les lieux où s’élevait l’ancienne résidence des ducs de Brabant et des plénipotentiaires autrichiens (du temps de Joseph II, un «despote éclairé» comme Marie-Thérèse), appelé le palais Coudenberg qui fut détruit par un incendie en février 1731 et constituait dès 1425 le plus grand d’Europe (Versailles n’existait pas encore). Cette incendie qui détruisit le haut de la ville provenait des cuisines où on preparait des confitures d'oranges sûres. L'eau gelée ralentit l'action des pompiers. Philippe Le Bon y avait fait construire une « aula magna ».

Le roi Guillaume d’Orange en demanda la construction à l’architecte Tilman Suys dont il appréciait le néo-classicisme . Il sera agrandi et embelli en 1862 et 1872. Guillaume d’Orange a fait embellir le château (construction de colonnades et frontons) et Léopold a demandé l’ajout des galeries latérales et l’aménagement d’un jardin devant ce qui a eu pour effet de réculer la limite du parc.

Le palais royal est le lieu de travail du roi où sont concentrés tous les services du palais (le personnel et les frais de la famille royale sont rémunérés par ce qu’on appelle « la liste royale » subvention accordée annuellement) et où ont lieu les réceptions officielles ainsi que la remise « des lettres de créance » par les nouveaux ambassadeurs. On y trouve une salle des glaces que Léopold II voulait consacrer au Congo. Le plafond de celle-ci étant inachevé, Jan Fabre, récemment, à la demande de la reine, l’a recouvert de 1.400.000 carapaces de scarabées thaîs(« élitres ») qui lui donnent une couleur verte(« Heaven of delight ») et qui est un exemple de nanotechnologie naturelle.


A droite du palais, se trouve le musée BELvue qui retrace, suite à sa rénovation, l'histoire de la Belgique et de la dynastie. Il abritait auparavant un hôtel de prestige accueillant ambassadeurs, princes et étrangers de la plus haute distinction. Léopold III et Astrid y ont habité et Joséphine Charlotte y est née.Le quartier de la place royale était jadis fort animé et l'implantation de divers musées le fait revivre.Inspiré du style néo-classique du 18ème, il reflète l'époque du siècle des lumières où on commence à « penser » la ville alors qu'au Moyen Age, la ville s'étendait au fur et à mesure des besoins.


Lorsqu’on dut rechercher un roi(cfr satyre de la « ménagerie royale »), car on estimait que les intérêts de la Belgique seraient mieux assurés avec un roi, on pensa d’abord au Duc de Nemours que proposaient les francophiles (dont certains voulaient que la France reprennent la Belgique) et au Duc de Leuchtenberg (fils d’Eugène de Beauharnais et d’une princesse bavaroise). En Belgique, le Prince de Ligne ou le Duc d’Arenberg ou un De Croy auraient pu faire des candidats valables mais cela n'allait pas de faire prévaloir une famille belge et finalement divers émissaires partirent à Londres

( J. Van Praet,de Mérode, l'abbé de Foere et Vilain XIIII qui donna son nom à une rue perpendiculaire à l’avenue Louise ). (Cette famille a fourni à la Belgique des hauts fonctionnaires, des militaires, des politiciens et des ambassadeurs et est donc intimement liée à l’histoire du pays; un de ses membres a conçu les prisons en étoile-).


Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha fut choisi par 152 voix sur 196 (il venait de renoncer au trône de Grèce où s’était déroulée aussi une révolution à cette époque contre les Ottomans; l'assassinat de Capo d'Istria dans les rues de Corfou l'en a découragé) . En effet, l’Allemagne inexistante à l’époque offrait une réserve inépuisable de rois. Léopold avait été général dans l’armée russe (il avait été nommé colonel d'un régiment par le tsar à l'âge de 7 ans) et avait participé à des campagnes contre Napoléon, il était en bons termes avec Vienne étant filleul de l’empereur, était veuf de Charlotte (1796-1817)princesse de Galles qui eût été reine d’Angleterre (marié durant un an) si elle n'avait succombé quelques heures après son accouchement comme son bébé et se disposait à épouser Louise–Marie Orléans (1812-1850), une fille de Louis Philippe qui lui donnera le futur Léopold II. Julia ,sa soeur, épousera Constantin, le frère du tsar et son autre soeur ,Victoire avait épousé le roi d’Angleterre, duc de Kent qui sera le père de la future reine Victoria et ainsi Léopold devint donc oncle de la reine Victoria dont il sera le conseiller : c’était le neutre rêvé !


Cette famille originaire du petit duché de Cobourg a donc essaimé dans toutes les Cours européennes ! Francis Ballace dit de Léopold Ier qu'il a transformé de la piquette en grand cru ! Ainsi outre ce qui a déjà été dit, la reine Marie II du Portugal a épousé en 1836 le neveu de Léopold, Ferdinand de Saxe Cobourg connu sous le nom de Dom Fernando II .


Léopold de Saxe Cobourg Gotha était donc un roi consensuel en ce sens que pour l’état tampon que constituait notre pays entre la France et la Prusse il n’était pas non plus un porte-parole des puissances alliées contre la France par son mariage.


Avant lui, un régent Surlet de Chokier assura la direction du pays entre le 25 février 1831,date à laquelle il prêta serment et à laquelle le gouvernement provisoire remit ses pouvoirs entre les mains du Congrès et le 21 juillet (supra). Ce Surlet de Chokier, originaire de Gingelom, surnommé ironiquement « Mérinos 1er » par le roi Guillaume car il avait été à l’origine éleveur de moutons, avait été administrateur du département de la Meuse inférieure sous les Français et était le leader de l’opposition belge au Parlement hollandais, où il avait reçu vu son agressivité un deuxième surnom « Surlet de Choquant » ; il fut élu président du premier Congrès et dans son premier discours il utilisa la phrase « l’Union fait la Force », reprise de la révolution brabançonne(comme le lion qui figure sur les armoiries des provinces), qui devint la devise de la Belgique(supra). Lors de son discours d’intronisation, Léopold 1er loua sa sagesse et sa modestie malgré qu’il fut un régent faible.


A noter, pour citer quelques dates, que le gouvernement provisoire fut formé le 26 septembre 1830, la première réunion du Congrès qui comptait 200 membres (98 provenant des provinces flamandes, 75 des provinces wallonnes et 27 du Brabant))-et dont le secrétaire était le libéral J.-B. Nothomb- eut lieu le 10 novembre, l’indépendance fut proclamée le 18 novembre et que la nouvelle Constitution rédigée en deux mois fut votée le 7 février 1831, ce qui est rapide pour ce document qui est considéré comme un modèle pour l’époque!


Cette Constitution,basée sur les françaises de 1791,1814 et 1830(charte de la monarchie de juillet) sur la néerlandaise de 1814 et sur le droit constitutionnel anglais ne saurait cependant se résumer à un amalgame de celles-ci :c’est une création originale dont les principes élémentaires sont toujours en vigueur et dont s’inspirent des jeunes nations comptant plusieurs communautés en leur sein (la Tchécoslovaquie post soviétique)ainsi que les constitutions luxembourgeoise, néerlandaise, grecque, roumaine et bulgare actuelles. Le génie propre de cette constitution, dit le Professeur Delpérée, est « d’avoir inséré les droits et libertés politiques dans ses dispositions. » Aux Etats Unis, il y a les « Bill of Rights » , mais sous forme de dix amendements faits à la Constitution américaine de 1787.

Rainer Arnold (Université de Regensburg) dit d'elle « qu'elle a été de la plus haute importance pour le développement de l'ensemble des constitutions européennes et aussi pour le droit constitutionnel allemand; elle a été pionnière pour poser les conditions fondamentales de l'Etat de droit, pour subordonner les monarques et les exécutifs aux parlements et un éclaireur pour l'élargissement des droits fondamentaux que la révolution française avait proclamés. »

En 1993, de nouveaux droits, les « droits économiques et sociaux »(droit à un logement décent , à la sécurité sociale, au travail,à l'épanouissement culturel et social) y ont été insérés par l’article 23 Const.

En juillet 2006, le Sénat vient de voter une modification de l'article 7bis de la Constitution qui inscrit le développement durable (« duurzame ontwikkeling » ou « sustainable development »en anglais et « nachhaltige Entwicklung » en allemand) comme objectif de politique générale(notamment dans la lignée du rapport de la commissaire Brundlandt « our common future » de 1987 et suite à l'agenda 21). Il s'agit donc d'une troisième vague de droits dans laquelle la Belgique est pionnière.


L’élection de Léopold 1er eut lieu le 4 juin 1831.Avant d’accepter, lorsqu’on lui présenta la constitution belge, après avoir lu l’art 106 (nécessité du contreseing ministériel : aucun acte du roi ne peut avoir d’effet s’il n’est contresigné par un ministre ») il dit : « Messieurs ,vous avez durement traité la royauté qui n’était pas là pour se défendre » (cité par le Baron de Lichtervelde)

Il débarqua d’Angleterre à Calais pour rejoindre La Panne le 17 juillet .

Le 21 juillet, avant de prêter serment il reçut les clés de la ville des mains du bourgmestre Rouppe (nom de la place près du boulevard Lemonnier et de la gare du midi)

Le franc belge fut introduit à la place du gulden le 5 juin 1830.


3)Enfin, le troisième pouvoir est le pouvoir judiciaire, dont le palais de Justice construit par Poelaert est le symbole. Ce palais, un mastodonte s’inspirant de la Grèce de Périclès et de la Rome de Hadrien, un « mammouth », un œuvre babylonienne, plus grande que la Basilique St Pierre à Rome, de style néo-grec, remplacera un bâtiment qui se trouvait rue de Ruysbroek, trop exigu. Orson Welles a même envisagé d’y tourner le film “Kafka”.


Le palais de Justice est construit sur le « Galgenberg » (« le mont du gibet » car s’y trouvent des potences) on a commencé à le construire en 1866 et il a été inauguré en 1883. Il a une surface de 52000 m2 (rectangle de 150m sur 160 mètres) dont 26000 de surface bâtie et a coûté 50 millions de francs-or.(2 milliards de francs belges ou 50 millions d’euros). Il provoqua un exode massif (expropriation) des marolliens donnant à son architecte le sobriquet de « schieven Architek »(sobriquet pour un architecte qui ne trace pas des plans pas droits), d’autant que la perspective vue d’en bas est écrasante. En fait c'est une déformation de l'anglais « chief architect » car pas mal d'architectes et de main d 'oeuvre anglaise y travaillaient et que les ouvriers les appelaient par ces termes.

On y trouve pas mal de symboles de l’antiquité romaine car notre code civil est inspiré du Code Napoléon lui-même inspiré du droit romain encore que sous certains aspects le droit allemand en soit plus proche notamment en matière de transmission de propriété (traditio-Einigung-Übergabe), et le système des sanctions pénales est plus proche de celui du droit romain.


Pour rester dans le domaine du droit pénal, la Belgique en 1996 fut le dernier pays européen à abolir la peine de mort, bien qu’on ne l’appliquait plus depuis longtemps. En 1867, un nouveau code pénal a remplacé celui de 1810 rédigé sous l’époque de Napoléon, qui prévoyait des peines comme le carcan, la marque et l’exposition publique. Il maintenait la peine de mort mais supprimait le délit de grève, droit qui a été accordé aux syndicats en 1921. Actuellement le projet de loi « Grand Franchimont »a pour but de réformer la procédure pénale et une réforme de la procédure devant les Assises est en cours. A noter qu'il y a quelques années le Parlement avait adopté une loi dite « de compétence universelle » en matière de crimes de guerre et contre l'humanité qui aurait permis de juger pénalement des chefs d'Etat étrangers mais la portée en a été réduite en 2003 en imposant des critères de rattachement avec notre pays.


On y trouve les juridictions de l’ordre judiciaire compétentes pour Bruxelles dont une Cour d’appel, et la Cour de cassation, qui chapeaute tout l’édifice, dont les recours doivent être déposés par des avocats ayant qualité pour plaider devant celle-ci. Le recours en cassation se différencie des autres voies de recours comme l’appel et l’opposition en ce sens que la Cour de cassation ne remet pas en cause les appréciations en fait des juridictions subalternes mais statue sur les décisions rendues en dernier ressort pour contravention à la loi ou les violations de formes substantielles ou prescrites à peine de nullité.(608 C.J.) Elle était aussi compétente pour le jugement des ministres jusqu’en 1998 (affaire Chazal au 19è et de l’achat des hélicoptères Agusta et des compensations Dassault dans laquelle elle condamna les trois Guy du PS : Coëme, Mathot et Spitaels  et Willy Claes, ce qui lui fit perdre sa place de secrétaire-général de l’OTAN).

Depuis lors, en vertu de l’article 103 Const., c’est la Cour d’appel qui est compétente.


C’est aussi la juridiction suprême qui dessaisit le juge Connerotte, le juge d’instruction de Neufchâteau chargé de l’affaire Dutroux, -ce pédophile ,bourreau de Julie, Mélissa, Ann et Eefje-, en raison de sa participation à un souper spaghetti organisé par les responsables de l’a.s.b.l .« Marc et Corinne », ce dont il aurait dû s’abstenir de part sa charge qui lui impose un devoir de neutralité et réserve. Cette affaire suscita la « marche blanche » le 20 octobre 1996 qui réunit plus de 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles et qui a inspiré la chanson du chanteur Pierre Rapsat « un dimanche en automne ».

A la suite de cette affaire, une commission d’enquête à la Chambre présidée par Marc Verwilghen surnommé « le chevalier blanc » va aboutir à une réforme des polices, puisqu’il était apparu que l’échec des recherches était dû à des disfonctionnements entre les différents corps de police et de gendarmerie. Dans la foulée de l'affaire Dutroux, et dans un but de dépolitisation de la justice, ont été créés le Conseil supérieur de la Justice ainsi que des commissions de libération conditionnelle des détenus (extension de la loi Lejeune en cette matière). En outre, pour pouvoir accéder à un poste de magistrat, des examens-concours sont désormais organisés alors qu'auparavant le choix était effectué par le ministre et ratfié par le Roi, sur base d'une liste de présentation dont le classement établi était effectué sur base d'appui politique. L'inamovibilité des juges (nommé à vie,en fait jusqu'à 67 ans, aucun juge ne peut être privé de sa place que par un jugement) est aussi une garantie d'impartialité.

Des juges non professionnels sont parfois associés à l'activité juridictionnelle dans les juridictions militaires, les tribunaux de commerce (juges consulaires) et du travail (juges sociaux) outre le jury populaire devant la Cour d'Assises.

C’est ici que chaque année le (la) procureur général(e) auprès de la Cour de cassation lit sa mercuriale traitant d’un sujet de l’actualité judiciaire.

Les exigences du bilinguisme de la magistrature à Bruxelles ont dû être revues à la baisse, trop peu de candidats réussissant les examens.


Poelaert a aussi reconstruit la Monnaie après l’incendie de 1855 (voir sur sa façade les chiffres romains indiquant 1856) et les plans de la place Ste Catherine, Notre-Dame de Laeken (en rénovation actuellement) et la caserne des pompiers place du jeu de Balles ainsi que la colonne du Congrès, haute de 47 mètres, plus haute que le colonne Trajane, inaugurée le 26 septembre 1859 en mémoire du premier congrès national qui a édicté la première constitution qui fut un modèle pour l’époque. A sa base se trouvent quatre figures de femmes qui symbolisent les libertés accordées par la Constitution (liberté de culte, de presse, d’enseignement et d’association (exigence catholique et socialiste alors que la liberté d’opinion est une exigence libérale encore que le sens attribué aux libertés varie d’un parti à l’autre!; par ailleurs les libéraux en 1830 étaient favorables à l’intervention de l’Etat dans l’économie) cette dernière étant décrite par Alexis de Tocqueville auteur de « la démocratie en Amérique »-dans lequel il avait anticipé l’apparition des deux blocs américain et soviétique- comme la liberté fondamentale, la science mère, le progrès de toutes les autres dépendant du progrès de celle-là) et un registre allégorique illustre les neufs provinces entourant le génie de la Nation. On peut lire aussi dans des lettres dorées le nom de révolutionnaires belges. Au- dessus de la colonne se trouve le buste de Léopold 1er.

Chaque année depuis 1922, le 11 novembre, à l’occasion de l’Armistice (signé dans un train de la forêt de Rethondes près de Compiègne), on rallume la flamme en mémoire du soldat inconnu en présence des autorités fédérales régionales et communales tout comme hier le 8 mai 2005 on y a commémoré les 60 ans de la fin de la deuxième guerre mondiale.


Par cette Constitution, -un « chef d’œuvre » dit le constitutionnaliste de l’université de Gand Robert Senelle- les Belges ont décidé d’adopter une monarchie constitutionnelle représentative deux principes acquis de la révolution française, sous un chef héréditaire par 174 voix pour et 13 pour la République(système politique qui n’existait alors qu’en Suisse et à Saint-Marin), ce qui s’oppose aux monarchies de droit divin où le Roi était censé avoir reçu son pouvoir de Dieu. Les premières élections étaient au suffrage censitaire, ce qui signifie qu’il fallait payer un certain montant d’impôt (20 florins, cens uniforme fixé par la loi du 12 mars 1848) pour pouvoir voter, ce qui donnait le droit de vote à 1,1% de la population, ce qui explique qu’on aura surtout des gouvernements catholiques et libéraux, au début gouvernant ensemble (« unionisme  qui sera qualifié de d’ « alliance monstrueuse » par le pape Grégoire XVI en 1832, ce dont les évêques belges ne tiendront pas compte mais cet unioniste se justifiait tant que les frontières de la Belgique étaient menacées) jusqu’environ 1845 (le parti libéral sera créé en 1846 dans le salon gothique de l’hôtel de ville et le premier gouvernement libéral homogène sera dirigé par Charles Rogier en 1847) et que ce n’est qu’avec l’apparition de révoltes sociales que le parti socialiste va naître par la Charte de Quaregnon et être créé en 1885 à la maison du Cygne (Gd Place) à l’instigation de L.Bertrand, C. De Paepe, J.Volders, Emile Vandervelde dont on connaît la loi en 1896 augmentant sensiblement les accises (notre pays comptait un café pour 40 habitants à cette époque) et celle de 1919 interdisant la vente de spiritueux (alcool supérieur à 18 ° principalement alors le genièvre) pour lutter contre l’alcoolisme. La loi fut longtemps affichée dans les débits de boisson.


Un croquis satyrique de tendance socialiste illustre la pyramide à renverser :

de bas en haut : le peuple (« je travaille pour vous »)

le capitalisme (« je mange pour vous »)

le militarisme (« je tire sur vous »)

le cléricalisme (« je prie pour vous »)

la royauté (« je règne sur vous)

C’est par le biais de la grève que le POB va essayer d’obtenir le suffrage universel.

Aux élections de 1884, les socialistes obtiennent 28 sièges sur les 154 à pourvoir.


Du côté catholique, on voit apparaître une branche sociale (abbé Adolf Daens (Aalst,1839-1907), -qui tenta de concilier donc socialisme et christianisme- et dont un film de Stijn Coninx où le héros est interprété par Jan Decleir retrace la vie sur base du roman biographique « Pieter Daens » écrit par Louis Paul Boon- ainsi que Josef Cardijn fondateur de le jeunesse ouvrière chrétienne(J.O.C.)) avec l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII(1891), s’opposant aux Ultramontains (Woeste aussi député de Aalst) qui plaidaient pour le pouvoir central du pape.

Il s’agit d’éviter que les ouvriers catholiques rejoignent « les socialistes sans Dieu ».

C’est l’origine de la Démocratie chrétienne fondée e.a. par Georges Helleputte, le fondateur du Boerenbond -qui constituera un des piliers du CVP avec le journal « het Volk »-qui avait contribué à améliorer le sort des classes paysannes, Henri Carton de Wiart, Léon Mabille, Jules Renkin et Godefroid Kurth et aussi de Michel Levie et Arthur Verhaegen (à ne pas confondre avec Théodore Verhaegen le fondateur de l’ULB en 1834) regroupés au sein de la « jeune droite »(aussi le Français Albert de Mun est à citer) .

A citer aussi dans ce cadre la ligue démocratique fondée en 1891 par divers religieux et politiques.

Un peu plus tard le philosophe Emmanuel Mounier créateur  du courant  personnaliste  inspirera la doctrine sociale du parti catholique avec la revue « Esprit », parti qui se déconfessionnalisera en 1945 en parti social chrétien (P.S.C.) et est devenu depuis le congrès du 18 mai 2002 (au palais des congrès à Bruxelles le « centre démocrate humaniste » (« cdH ») tandis que le CVP («Christelijke Volkspartij ») qui s’était scindé en fin des années 60 du PSC est devenu le « CD&V » « Christen-Democratisch en Vlaams », maintenant le sigle chrétien que le cdH a supprimé malgré des oppositions en son sein. (création de la dissidence « chrétiens démocrates fédéraux » (CDF) très minoritaire)


Une réforme de 1893 entraînera le suffrage plural ( pour tous les hommes belges de plus de 25 ans et domiciliés en Belgique depuis plus d’un an, possibilité d’émettre plusieurs votes en fonction du montant d’impôt payé (une sconde voix était attribuée au père de famille de 35 ans qui payait 5F de contribution foncière) ou de la possession d’un diplôme(système capacitaire)) c’est la loi du ministre de l'Industrie et du travail Albert Nyssens (aussi auteur d'un traité des sociétés commerciales), qui donnera le droit de vote à 21,1% de la population soit 1.381.000 Belges qui allèrent aux élections de 1894, ce qui fut la première tâche du cabinet du Nivellois de Burlet et ce n’est que par une loi de 1919 que le suffrage universel pur et simple à la proportionnelle (sous le gouvernement de Léon Delacroix qui vient de donner son nom à une station de métro de la STIB)sera instauré ainsi que des lois sociales, en guise de remerciement à la population ouvrière de sa loyauté dans la lutte contre l’occupant allemand. (réformes demandées par Albert 1er depuis son quartier général au château du Baron Van Caloen à Loppem en novembre 1918). Le système de la représentation proportionnelle lui fut institué dès 1899.

A noter qu’en Belgique, les femmes ne pourront voter aux élections législatives et provinciales le 26 juin1949(loi du 27 mars 1948 et du 24 mars 1949 pour les femmes étrangères devenues belges par mariage), à l’exception de veuves des prisonniers de guerre qui pouvaient déjà voter à partir des élections de 1921 et le vote aux communales leur avait déjà été ouvert lors des élections de 1921 !

Le premier pays a avoir instauré le suffrage féminin est la Nouvelle-Zélande et en Suède, c'est en 1919-1921 que le suffrage universel a été introduit en même temps pour les deux sexes.Au Danemark, le droit de vote pour les femmes a été introduit dès 1915.


Le mouvement féministe défendant le droit des femmes naquit à l’U.L.B. sous l’impulsion de Marie Popelin (première femme titulaire d’un diplôme de droit dans cette université, elle vient de donner son nom à une rue de Saint Josse-ten-Noode) et d’Isabelle Gatti de Gamond (nom d’une rue à Uccle où se trouve l’école de langues cours du jour et du soir l’I.E.S.T.E.) qui fondèrent le conseil national des femmes. Isala van Diest est la première universitaire belge mais elle obtint son diplôme à l'étranger. Anna Ponsart fut la première bourgmestre « rouge » de Wallonie tandis que Marguerite De Riemacker-Legot (1913-1977,CVP) fut la première femme ministre. Actuellement les femmes occupent 21,4% des mandats politiques.

A noter aussi que les femmes ont été autorisées à travailler sans l’autorisation de leur mari dès 1900 mais ce n’est que plus tard qu’elles auront la gestion autonome de leur compte en banque.

Le vote des jeunes dès 18 ans sera lui instauré en 1981.


Le service militaire, d’abord volontaire (1815-1830) se faisait par conscription ou tirage au sort (« de loteling, le tiré au sort ») et les plus aisés pouvaient revendre leur conscription contre espèces sonnantes et trébuchantes. La durée du service des conscrits varia beaucoup avec le temps :de 8 à 10 ans : cinq ans d'active et trois ans de réserve.(loi de 1847)

En 1909, il devint obligatoire pour un fils par famille et pur et simple en 1913. Il sera aboli par le ministre Léo Delcroix dans les années 1990 mais on reparle d’instaurer un service civil vu le problème d’emploi pour de nombreux jeunes, le service d'utilité collective (S.U.C.) qui sera bientôt mis en vigueur tout en offrant une rémunération égale aux allocations de chômage.


Le palais des Académies, de style néoclassique, qui fut la résidence des princes d’Orange (ce nom vient en fait de la ville située dans le sud de la France) jusqu’à l’indépendance du pays (incendié en 1820 Guillaume s’y est installé en 1828), à gauche, est aujourd’hui le lieu de réunion de plusieurs académies (des Sciences, des Lettres, des Beaux-Arts, de Médecine). A un moment donné, on a envisagé d’y déménager la résidence du premier ministre sise au n° 16 de la rue de la Loi. Dans le jardin, se trouve une statue d’Adolphe Quetelet qui fonda l’Observatoire d’Uccle et convoqua le premier congrès international de statistique à Bruxelles en 1853.

Au square Quetelet, à Saint -Josse-ten-Noode, se trouvait le ministère du budget.(H. Van Rompuy) aujourd’hui occupé par le ministère de l’économie sociale et du développement durable. (E. Van Weert)


A droite, le long de la rue royale au n°30 se trouve le bâtiment de la « Générale de Belgique » surnommée « la vieille dame »,un holding actuellement ,qui est issue de la Société générale des Pays-Bas , banque d’affaires fondée par Guillaume 1er (son gouverneur en 1830 était Ferdinand de Meeûs)et de sa scission en 1935 d’avec la Générale de Banque (une loi l’avait imposé en 1935 faisant suite au crash boursier de 1929) et qui a été rachetée par le groupe français Suez pour contrer l’OPA du raider italien Carlo De Benedetti en 1988. En conséquence l’actionnariat belge est minoritaire au sein de la Générale même si le financier Albert Frère, un des Crésus belges, qui commença sa carrière comme marchand de clous à Charleroi, est le plus gros actionnaire ( 7%) de Suez.

A noter que le gouverneur de la Société générale et des mandataires de ses filiales ont créé en 1837 « la société civile pour l'agrandissement et l'embellissement de la capitale de la Belgique », premier lotissement bruxellois d'initiative privée que constituait le Quartier Léopold.

La Belgique a été pionnière dans la révolution industrielle et ainsi une première ligne de chemin de fer sur le continent (à part l’Angleterre) est inaugurée entre Malines et Bruxelles le 5 mai 1835 pour remplacer les malles-poste et diligences. Les trois locomotives s’appelaient la Flèche, l’Eléphant et la Stephenson.


Parmi les grands industriels, citons John Cockerill, industriel anglais qui s’était établi en 1817 à la demande de Guillaume d’Orange à Seraing–on vient de fermer le dernier haut fourneau en fonction à Seraing le 25/4/05-constructeur de machine à vapeur, il constitua une entreprise intégrée constituée de charbonnages, fonderies, forges et laminoirs qui possédait déjà en 1839 2200 ouvriers tandis que son frère William établi à Verviers avec ses trois fils créa un atelier produisant des machines à filer et carder la laine. C’est là que sera fabriquée la locomotive construite en Belgique. Aujourd’hui son empire (division Energie car CMI(mechanical industries) n’en fait pas partie) appartient au groupe Arcelor et a été rachetée suite à son OPA hostile par Mittal Steel, le leader indien du secteur.

Boël(région du centre, La Louvière), Solvay (qui développa un procédé de fabrication de la soude -et construisit des usines en Europe même de l’Est et aux USA -et une orientation sociale en pratiquant le double pécule de vacances bien avant que cela ne soit l’usage et était propriétaire du château de La Hulpe), Franki (de son vrai nom Edgard Frankignoul,inventeur d’un système de fondation encore applicable aujourd’hui : les pieux Franki), Warocqué (qui a donné son nom à l’Université de Mons- Hainaut et qui a légué toutes ses collections à l’Etat belge, celles-ci étant exposées en partie au Musée de Mariemont), surtout Edouard Empain furent d’autres grands industriels. La famille Bekaert a lancé des tréfileries fabriquant des fils sous toutes formes dont le fil barbelé, des pointes de Paris, des crampons et a lancé le premier matelas à ressort de fil d'acier.

Empain, visionnaire, fut un moteur de l’expansion industrielle belge.

On lui doit, outre le métro de Paris et les ACEC( ateliers de constructions électriques de Charleroi en1904), de nombreuses entreprises en Chine et Amérique latine ainsi que la ville d’Héliopolis en Egypte ( la ville d’Esterel dans les Laurentides au Québec sera construite par son fils Louis). Son génie est d’avoir concilié transports et électricité.


La Grand’Place, qualifiée par Victor Hugo «de plus belle du monde », fut incendiée lors de l’occupation de la ville par les armées de Louis XIV vers 1695 (Maréchal de Villeroi) puis reconstruite. Ce bombardement qui dura deux jours détruisit aussi 16 églises et 3850 maisons, soit un tiers des maisons de la ville. Comme le décrit un livre de St Hilaire « Bruxelles mystérieux » (mais ses thèses sont contestées), les façades contiennent des symboles maçonniques comme dans le parc de Bruxelles.

Avant d’être pavée au 14ème siècle, elle n’était qu’un marécage entouré de terres sablonneuses. Au 13ème siècle, quelques travaux permirent d’y accueillir un marché. Puis les corporations, en révolte contre le pouvoir des échevins, décideront de construire leurs maisons autour de l’hôtel de ville, histoire de bien marquer leur influence.

(ex: les charpentiers s’installent au  « pot d’étain », les bateliers au « Cornet »(proue d’un bateau et les statues représentant les 4 continents l’Australie n’ayant pas encore été découverte), les graisseurs à « la brouette », les tailleurs à la « chaloupe d’or », les maçons à « la maison de la colline », les merciers à l’enseigne du « renard », les boulangers au « Roi d’Espagne »,les brasseurs à la « maison des brasseurs » décorée de fleurs de houblon.

On trouve aussi des chronogrammes sur certaines façades. Durant son mandat (1891-1899) le bourgmestre Charles Buls qui a sa statue en position assise sur la petite place située entre la gare centrale et la Grand Place a contribué à son amélioration(maison du roi reconstruite en néo-gothique).

Elle est classée dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.


Une légende raconte que l’architecte de l’Hôtel de ville, Jacques Van Thienen,

se soit suicidé en constatant que la tour n’était pas au milieu de l’édifice. Faux :il est mort dans son lit trente ans après !

En réalité l’aile gauche date de 1402, l’aile droite de 1444.La tour a été bâtie en 1449.

L’ensemble s’étala sur 52 années!

Les façades de la Grand Place mélangent différents styles, du classique pour la maison des corporations qui regroupe six maisons à l’instigation de Maximilien de Bavière, du néo-gothique flamboyant pour la maison du Roi, du gothique brabançon pour l’hôtel de ville, au style presque baroque (plus chargé)des maisons du Cornet, du Renard ou du Roi d’Espagne. Marquée donc par son manque d’unité, elle symbolise magnifiquement la lutte entre l’architecture urbaine ancienne et moderne. On y trouve les trois ordres architecturaux (ionique, dorique et corinthien et aussi toscan).

En face de l’hôtel de ville, construit à l’initiative des bourgeois, avec sa tour haute de 91 mètres (œuvre de Jan van Ruysbroeck) au dessus de laquelle trône St Michel-Archange,

( placée pour la première fois en 1454 et présentée en 1603 aux archiducs Albert et Isabelle) patron de la ville, se trouve la maison du Roi reconstruite au 19è à l'instigation de Charles Buls en style néo-gothique (dans laquelle le roi n’a jamais habité mais qui était à l’origine la Halle aux pains, copie de l’hôtel de ville d’Audenaerde, et à cet endroit se trouvait la maison des services du roi, lieu de perception des tonlieux (taxes) manière de marquer le pouvoir du roi d’Espagne face à l’hôtel de ville construit par les bourgeois détenteurs du pouvoir communal) . C’est actuellement un musée retraçant à l’aide de plans l’histoire de la ville et contenant aussi les 780 costumes du « Manneken-Pis », le plus ancien bourgeois de Bruxelles (l’original se trouve rue de l’Etuve et est l’œuvre de Jérôme Duquesnoy et il fut volé plusieurs fois), -symbole du « ketje » bruxellois à l'esprit frondeur et individualiste ,car il rappelle la légende d’un petit garçon perdu retrouvé dans cette posture pour éteindre le canon ennemi qui tonnait contre l'hôtel de ville (en 1695 lors de l'attaque de Villeroy ?).On mentionne déjà la fontaine du petit Julien « Juliannekens Borre » en 1377. Son premier costume lui a été offert par Maximilien -Emmanuel de Bavière, gouverneur général des Pays-Bas espagnol en 1698 et le dernier en date (17/1/2007) provient de Roumanie, pour fêter l'entrée de ce pays dans l'Union européenne. Et même si Manneken-Pis est unique, il a « un frère » à Kobe,un à Osaka,un autre en Espagne et un à Colmar (Alsace). Le 28 juillet 2005, pour la fête national du Pérou, il était revêtu d'un costume de Cuzco et le 28 mars 2007 d'un déguisement mis par l'action Damien qui lutte contre la lèpre et la tuberculose. Signe tangible de l'amitié entre Bruxelles et le Québec, le costume offert par « la Belle province »le 23 août 2008, à l'occasion des 400 ans de la ville de Québec, sera conservé au musée de la maison du Roi.


Des mouvements féministes ont créé rue des Bouchers une « Janneken-Pis » et la « famille » s'est encore agrandie avec un « Zinnekenpis », un chien urinant au coin de la rue des Chartreux et du Vieux Marché aux Grains.

A noter que la rue au Beurre tire son nom du fait que la laine des étoffes et tissus qui étaient vendus aux alentours de la Grand Place au Moyen Age devaient obligatoirement être graissés avec du beurre. La rue des Pierres tire son nom du fait que c'est dans celle-ci que les bourgeois de la ville construisirent les premières maisons en pierres à une époque où elles étaient généralement en bois.


Le Manneken-Pis vient d’être adopté par la Région bruxelloise pour promouvoir sa politique de développement économique.


NB : En application du 107 quater de la Constitution ayant fait longtemps l’objet de revendications du FDF visant à appliquer le prescrit des lois de réformes institutionnelles de 1970 et d’août 80 (ce parti a été fondé en 1965 en réaction aux législations linguistiques de 1962-1963(infra) qui établirent une nouvelle frontière linguistique et à la « Mars op Brussel »de 1961 et aussi suite à la déclaration belliqueuse du premier ministre flamand Théo Lefèvre « les francophones, on rentre dedans comme dans du beurre »), la Région bruxelloise a vu enfin le jour par la loi spéciale du 12 janvier 1989 avec un parlement propre votant des ordonnances, et un gouvernement, ainsi qu’une administration propre et des parastataux comme la SLRB, la STIB, la SDRB , le SIAMU, ACTIRIS (anc. Orbem) ou l’Agence Bruxelles-Propreté ainsi que des commissions compétentes pour les matières communautaires (Cocof, Vgc, et Cocom).

Un bureau de liaison Bruxelles-Europe ( à ne pas confondre avec le mouvement européen) chargé de faire la promotion de la région auprès des institutions européennes existe aussi de même qu’en matière d’urbanisme et d’environnement des collèges formant des juridictions administratives statuant sur les recours en matière de permis d’urbanisme et d’environnement (dans ce cas souvent en rapport avec un autre organisme bruxellois l’I.B.G.E. s’occupant de gestion de l’environnement). Depuis les troubles sociaux s’étant produits à Cureghem dans les années 90, une politique de mise en place de «contrats de quartier» visant à une plus grande cohésion sociale a été mise en place, tout comme c’est le cas dans d’autres villes européennes ou autres. Troubles dans les cités similaires à ceux qui sont apparus les derniers temps en France avec des destructions de voitures.

Avant la création de la Région bruxelloise existait l’agglomération et un secrétaire d’état à la région bruxelloise intégré au sein du gouvernement fédéral gérait les compétences de celle-ci ( ex.Guy Cudell qui fut longtemps le bourgmestre populaire de Saint-Josse-ten-Noode- la commune la plus pauvre de Belgique incluant une grosse proportion d’émigrés surtout turcs- et qui unissait civilement les époux coiffé d’un bicorne; Mme Cécile Goor-Eyben). La région bruxelloise, composée de 19 communes, possède une superficie de 161km² et 1024000 habitants. Même les francophones forment 90% de sa population, on y parle plusieurs langues dans beaucoup de ménages, d'autant que 50% de la population est d'origine étrangère.(ex. Turcs quartier de la chaussée de Haacht à Saint Josse, Congolais à Matongé, Portuguais autour de la place Flagey,...)


Son emblème « iris jaune sur fond bleu » s’explique par le fait que jadis sur les rives de la Senne poussaient deux variétés d’iris, le jaune et le bleu (iris germanica). Cette fleur a une valeur symbolique( calice de 6 pétales, trois dressés, trois rabattus, symbolisant la limite avec les six provinces, 3 flamandes, trois wallonnes avant la modification du nombre de provinces).Elle n’est pas à confondre avec le lys, la fleur qui figure sur les armoiries des rois de France mais aussi sur celles de beaucoup de grandes familles bruxelloises. Sous Pierre Breughel, les Bruxellois grands amateurs de bière buvaient celle-ci en entonnant une chanson à la déesse Iris, antique divinité grecque. Le poète Boileau écrit « quand Iris prend plaisir à boire, Bacchus croit que c’est pour sa gloire ».

Le nom « Bruxelles » provient du celte « brouc » qui signifie « marais »  et « sala » qui signifie « habitation ou château ».( Bruxelles signifiant donc « Château près du marais »)


Chaque année, un tapis de fleur recouvre la Grand place et s’y déroule aussi l’Ommegang, utilisé en 1549 par le Magistrat de Bruxelles pour permettre à Charles Quint accompagné de ses soeurs Eléonore de France ou d'Autriche et Marie de Hongrie de présenter son fils Philippe II. Ce cortège se déroule en début juillet et part du Sablon pour arriver sur la Grand Place. Ce cortège célèbre depuis 1348 l'anniversaire du fait que Béatrix Soetkens ait remporté d'Anvers une statue de la Vierge avec une barque qui traversa l'Escaut le Rupel et la Senne.Elle avait entendu un appel de la Vierge qui se plaignait du manque de ferveur des Anversois. François de Tassis commanda pour la chapelle funéraire de sa famille en l'église du Sablon une suite de tapisseries de la Légende de Notre-Dame du Sablon, dont les cartons sont attribués à Bernard Van Orley.


On peut voir aussi sous une percée à gauche de l’hôtel de ville le «’t Serclaes » un porte - bonheur. En 1356, Everart ’t Serclaes a libéré le peuple de l’oppression du Comte de Flandre Louis de Maele -qui occupait la ville avec ses soldats car il estimait que la ville de Bruxelles imposait trop de taxes aux commerçants venant notamment de Bruges- et puis de tous les seigneurs du coin, dont le seigneur de Gaasbeek, qui imposaient trop de taxes. Poignardé, on va lui retirer la langue et il mourra en 1388. Pour se venger, les Bruxellois iront incendier le château de Gaasbeek. C'est à l'occasion de cette victoire que l'on mangea beaucoup de poulets et c'est de là que vient le surnom des Bruxellois de « kiekefretters » (mangeurs de poulets). « Zinneke » est aussi un autre surnom du Bruxellois, en rapport avec la rivière Senne à ne pas confondre avec la Seine qui coule à Paris ou avec la mixité des peuples habitant la capitale.(« bâtard »)


Non loin de la Grand Place se trouve aussi un quartier « tendance » ressuscité qui se déploie autour de la belle église de la Renaissance flamande, Notre-Dame du Bon Secours, et inclut la rue de l'Etuve où se trouve le Manneken-Pis. Il se situe le long du boulevard Anspach et est délimité grosso modo par la place Fontainas,la rue des Bogards, la rue des Alexiens,le boulevard de l'Empereur et la rue du Lombard.

Au XIIè siècle, il constituait le centre artisanal de la ville et abritait l'hospice Saint Jacques, lieu de repos fréquenté par les pélérins qui se rendaient à Compostelle. Ce quartier n'échappera pas au bombardement de 1695 mais après sa reconstruction il sera déserté par la population aisée. Depuis janvier 2005, un PPAS (plan particulier d'affectation du sol) du gouvernement bruxellois tente d'encourager le maintien des habitants, la préservation et la valorisation du patrmoine architectural et la coexistence harmonieuse du commerce avec le bien-être des habitants.Les éditions Jacques Brel se trouve là aussi, Place de la vieille Halle aux Blés,11.


La rue du Lombard tire son nom des prêteurs nord-italiens (de Lombardie) qui encaissaient jusqu'à 40% d'intérêts, ce qui était autorisé par les autorités de la ville qui encaissaient une partie de leurs bénéfice à l'occasion de la nouvelle année. L'archiduchesse Isabelle réglementa cette activité pour réduire le taux à 21%, à 12% pour le mont de piété. (A noter que la banque « Monte dei Paschi di Sienna » se trouve au square Madou). La rue des Alexiens, des Grands Carmes, etc. Rappellent qu'il yavait là, ou à proximité, un couvent de ces ordres. La rue des Eperonniers, des Chapeliers indiquent que les artisans qui fabriquaient ds éperons ou es chapeaux se regroupaient dans la même rue.


L'hôtel Amigo construit en 1958 se trouve à l'emplacement d'une ancienne prison pour petits délits et dpoit son nom suite à une erreur des soldats à l'époque espagnole qui confondirent le mot « vrund » qui devait signifier « prison » en vieux néerlandais avec « vriend » d'où le nom « amigo ».Une autre explication proviendrait de la phrase prononcée au prisonnier « por aqui , amigo »

(par ici, ami).

A noter que près de De Brouckère se trouve l'hôtel Métropole , le seul hôtel construit au XIXè siècle par l'architecte français Alban Chambon qui donne son nom au restaurant de l'hôtel.


Un autre quartier « tendance » où des terrasses se sont développées est celui des Halles Saint Géry, près de la Bourse et du Boulevard Anspach et de la rue Antoine Dansaert, connue pour ses magasins de mode. Les Halles, terminées en 1874 à la place d'une église rasée à la fin du XVIIIè et dont les architectes sont Léon Suys et Edmond Le Graive, possèdent une armature en fer et les trumeaux sont décorés de trophées de gibier, de volaille, de poissons, de chutes de fleurs et de fruits. La façade , rue Grétry, est surmontée de petits groupes d'enfants représentant la Chasse et la pêche, sculptures modelées par Louis Sarnain. L'endroit sur lequel les Halles ont été construites a eu une grande signification économique : la route marchande qui reliait le Rhin à la Flandre y franchissait la Senne sur un pont situé entre le marché aux Poulets et la rue Sainte-Catherine. A l'intérieur l'édifice s'est doté d'une fontaine pyramidale provenant de l'ancienne abbaye de Grimbergen.

De nombreuses expositions y ont lieu régulièrement.


Non loin de là, les quais de la Place Sainte Catherine, comblés en deux étapes (1878-1911) évoquent le port primitif de la ville.Les quelques marchands de poissons et restaurants sont les derniers témoins de l'activité d'origine de cette place. Les plans d'eau aménagés sur place ont été placés en 1980. En direction du square des Blindés, la fontaine de style haussmannien est entourée de quatre magnifiques chimères du sculpteur G. De Vreese. Le port de Bruxelles était relié par le canal de Willebroek à Anvers.

L'actuel port se trouve à proximité de la station de métro Yser, et on y aménage même comme dans d'autres villes une plage en été (« Bruxelles les bains ») et des croisières (par la « la Fonderie »)ont lieu sur le canal, et tout proche se trouve le bâtiment mastodonte et récent de la KBC, une grande banque . Non loin de là se trouve « le petit Château » qui a servi dans le passé de lieu de sélection des miliciens et ensuite pour abriter les réfugiés politiques.


Bruxelles est aussi connue pour son « Meyboom »,où la confrérie de Saint Laurent plante un arbre rue des sables le 9 août de chaque année. Des géants y participent et l’UNESCO vient d’accorder le statut de patrimoine mondial oral et immatériel de l’humanité à ces processions de géants (qu’on rencontre aussi dans les processions de Dendermonde, Mechelen, Ath(David et Goliath)), titre qui avait déjà été reconnu pour le carnaval de Binche et maintenant aussi pour la procession du Car d'Or qui précède le « Doudou »( combat dit «  lumeçon ») qui se déroule le dimanche de la Trinité chaque année à Mons. Assez curieusement près de la gare d'Hambourg en Allemagne on trouve une église de culte évangélique qui porte le nom de St Georges (dont la statue terrassant le dragon) et aussi de la Trinité.

Les beffrois(Mons, Tournai, Brugge) ont eux aussi été reconnus comme patrimoine bien matériel de l’humanité par cette organisation internationale. A noter qu'auparavant Bruxelles possédait aussi son beffroi.


Le palais du Cinquantenaire a été construit à l’occasion du Cinquantenaire de la Belgique (1880) par Gédéon Bordiau (élève de Poelaert) qui s’est inspiré des musées de South-Kensington, à l’instigation de Léopold II qui en a financé la construction en grande partie avec sa cassette personnelle en utilisant des prête-noms, pour une exposition qui exhibait les avancées de l’ère industrielle en Belgique qui alors était la deuxième puissance industrielle du monde devant les Etats Unis(plus de 10 expositions pousuivront cet objectif de montrer le « know-how belge » entre 1880 et 1910) ; l’arche date de 1904/1905 et est l’œuvre de Charles Girault tandis que le quadrige est lui l’œuvre de Jules Lagae et Thomas Vinçotte. L’ensemble servira aussi pour l’exposition universelle de 1898.

Cette arche devait constituer une porte de Bruxelles reliant la fin de la rue de la Loi à Tervueren par une avenue percée à la demande de Léopold II et qui conduit au musée africain conservant des objets de l’époque coloniale. Une exposition y retrace cette année l’histoire de la Colonie qui fut d’abord explorée par Stanley.

Le bâtiment est une copie en réduit du château de Versailles. C’est une illustration du fait que Léopold II a su révéler ses talents d’homme d’affaires de diplomate et d’homme politique dans le domaine de l’urbanisme tout comme il l’a fait dans le domaine de la défense nationale et de l’expansion outre-mer. A noter que Léopold II demanda aussi la construction d'une gare personnelle en bordure du domaine royal de Laeken afin que le train qui provenait d'Angleterre lui dépose tous les matins le « Times ».On le surnommait « le géant logé dans un entresol » vu ses visées expansionnistes pour un petit Etat en terme de superficie comme la Belgique,qui était certes la deuxième puissance financière du monde, la superficie du Congo dépassant celle de l'Europe actuelle des 25.

On trouve aussi dans le parc du Cinquantenaire un temple conçu par Victor Horta pour le bas relief monumental en marbre de Jef Lambeau «les passions humaines ».


Les Galeries St Hubert, premières galeries continentales munies d’une verrière (des galeries munies de lanterneaux tous les 15m furent construites auparavant à Paris), construite par Jan Piet Cluysenaar (Hollandais) (comme la galerie du Nord et la galerie Bortier (bouquinistes)), longue de 280 mètres, furent inaugurées en 1847 par Léopold 1er et furent imitées à Milan par l’Italien Mengoni et à Naples. Composées de trois parties (galeries du Roi, de la Reine et du Prince)elles rivalisent avec le «Burlington royal arcad » et «  le passage Opéra » à Paris. Un léger angle évite que ces galeries forment un long tunnel. S’y trouve la librairie Tropisme qui était auparavant une salle de concert où en 1953 Jacques Brel et Barbara débutèrent, un théâtre où se joue « La Revue » ironisant la vie politique belge et le magasin de pralines « Neuhaus »(infra voir chap 4,sect.5). Au sortir de la galerie on peut observer que le bâtiment qui constituait le comptoir d’escompte de Paris a subi la technique bruxelloise du «  façadisme », c’est à dire maintenir la façade ancienne apparente en rasant l’intérieur et reconstruisant tout à neuf.

C'est aussi dans les galeries de la Reine que Verlaine achèta le revolver avec lequel il tira sur Rimbaud et qu'au premier étage du quotidien libéral La Chronique qu'eut lieu en 1896 la première séance, donnée en Belgique, du cinématographe inventé par les frères Lumières.Le nom complet de la société qui gère ces galeries est la « SA des galeries royales Saint Hubert » et la sécurité y est assurée non par la police mais par des gardes privés de Sécuritas.


Derrière les Galeries de la Reine, côté rue d'Arenberg, on peut voir un exemple de « façadisme » , technique qui consiste à modifier l'intérieur d'un bâtiment tout en maintenant la façade à fronton de rue intacte. Le café « la mort subite » tout proche est aussi typiquement bruxellois.


La rue de l’Ecuyer, où se déroule l’exposition « made in Belgium » portait auparavant le nom de rue de l’évêque car l’évêque y possédait une grande demeure. Elle était deux fois plus longue au Moyen Age.

La rue de la Montagne date des premiers âges de Bruxelles et est le tronçon de la route marchande qui à travers Bruxelles reliait la Flandre à la Rhénanie. Jadis plus longue elle atteignait le parvis de Ste Gudule. S’y trouve au n°30-34 la maison de la Fédération Royale du Notariat et de la Basoche (association des employés de notaires dont certains sont appelés « clercs ») qui organise aussi des cours de formation pour ceux-ci divisés en un cycle A et B et constitue un secrétariat social pour les notaires. Précédemment s'y trouvait « l'hôtel du grand miroir » au n°28 qui fut longtemps le plus ancien de Bruxelles; il fut le refuge de Jacqueline de Bavière (1419) et y résidèrent Baudelaire, Toulouse-Lautrec et Colette.


La rue d’Arenberg, jadis appelée rue des peaux ou des Pelletiers (selon des archives du 14è siècle), porte le nom de la famille d’Arenberg car le cardinal de la Marck y fit bâtir en 1502 une grande demeure où résida la famille amie d’Arenberg jusqu’en 1695, date du bombardement de la ville par le maréchal de Villeroi. Pendant la domination française, elle fut appelée rue François Anneessens(supra), après quoi elle repris son nom séculaire. En 1913 l’architecte berlinois Janssens y a érigé pour la Deutsche Bank un immeuble en style « colossal » sur la façade duquel on peut observer le blason des villes et des signes du zodiaque. A côté se trouve un bâtiment construit vers 1921 par Horta et y était sis l’atelier du joaillier Wolfers.

L’église toute proche de la galerie Bortier est la jonction d’une église gothique en brique avec une autre église baroque qui se trouvait rue St Hubert et qu’on a replacé là.


La Banque nationale fut construite en 1850 par Beyaert et Janssens qui conçurent un bâtiment monumental. A l’initiative du ministre des finances Frère-Orban pour unifier l’émission de billets de banque et d’accorder des crédits à l’économie privée comme dernier ressort.

Dirigée aujourd’hui par Guy Quaden, ce dernier est également membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne.

L’importance prise par Bruxelles comme place financière rendait obsolète l’ancienne Bourse datant de 1827. En 1871 commencèrent les travaux de construction du nouveau bâtiment. Les architectes Suys et Brunfaut en firent un édifice rectangulaire néo-classique, surmonté d’un dôme. Un large escalier précède le péristyle de six colonnes corinthiennes dont l’entablement soutient le fronton triangulaire.


La cathédrale St Michel et Gudule a été construite entre le 13è et le 15è siècle à la place d’une chapelle (7è siècle) puis d’une petite église romane qui prit en 1047 le nom de collégiale dans le quartier du « Treurenberg »(mont aux larmes) ou mont du moulin. Gudule, née à Nivelles, a fondé la ville de Bruxelles en 979. et ses reliques y furent transportées le 16 novembre 1047 par le Duc Lambert II qui avait décidé de la construire en la dédiant à l'archange Michel, d'où dès cette époque elle fut appelée des deux prénoms . En 1962 elle prit le titre de Cathédrale St Michel pour être promue avec la cathédrale de Malines, le siège de l’archevêché de Malines-Bruxelles.

La construction de style gothique brabançon, débute par le chœur en 1226 qui lui est de style roman. Elle sera terminée en 1534 mais la construction de la tour prévue n'a pu se faire, Charles V désirant plutôt financer une guerre.

La nef et le transept sont des 14è et 15è siècles. La façade, de style français, est surmontée de deux tours, œuvre de Jan van Ruysbroec, décédé en 1485.Cela est une influence française car dans le Brabant (Malines, Zoetleeuw)les églises gothiques n’ont qu’une tour. Elle n’a subi aucune destruction durant les guerres. De chaque côté de l’allée centrale se trouve des statues des 12 apôtres

(6 piliers de chaque côté).La chaire de vérité datant de 1520 représente Adam et Eve chassés du paradis ainsi que la Vierge de l’apocalypse qui tue le serpent et est l’œuvre d’un atelier anversois comme les confessionnaux. Les vitraux sont remarquables par leur luminosité surtout au dessus de l’entrée principale, souvent sur des cartons de Roger van der Weyden qui était le peintre des ducs de Bourgogne. On peut y voir notamment de chaque côté du transept sur des vitraux Charles V agenouillé devant la Sainte Trinité ou avec son épouse Isabelle de Portugal et Charlemagne ainsi que Maximilien d’Autriche.

Une chapelle dans le déambulatoire derrière le chœur est en l’honneur de Ruusbroeck ,un érudit humaniste et mystique qui écrivait dans le flamand brabançon de jadis, le thiois et donc il est un pionnier de la littérature néerlandaise ( l'aspect fusionnel avec le mystère et la douleur du Christ qui apparaît dans son oeuvre traduit une « devotio moderna »,succédant au rationnalisme aristotélicien qui correspond au 14è siècle où les crises éconmiques et les grandes pestes rendent difficiles les conditions de vie), et les vitraux de ce côté datent du 16ème siècle. (notamment François 1er y figure).Une chapelle latérale où se déroule chaque midi une messe vers 12h30 et où l’Archiduchesse Isabelle faisait ses dévotions possède un autel avec le pélican, illustrant la Charité chrétienne, est de style baroque et de couleur blanche et noire, symbole du bien et du mal. Si l’on sort de ce côté la statue au dessus de la porte montre Ste Gudule et le diable qui éteint sa lanterne. Dans la galerie extérieure, à côté des pinacles gargouilles et contreforts le K soit la première lettre de Karel (V), Charles Quint se reproduit tout le long. On trouve aussi tout près une statue du Cardinal Mercier.


Aujourd’hui, ce lieu de prière reste l’écho des manifestations de la vie nationale (ex. mariages des membres de la famille royale), sociale, religieuse et culturelle de la vie et du pays.

C’est également le lieu privilégié des rencontres oecuméniques et de spectacles artistiques.


La Bibliothèque royale Albert 1er surnommée aussi « l’Albertine »est construite dès 1969 (pour les 35 ans du décès d'Albert 1er à Marche les Dames) par M.Houyoux,R.Delers et J. Bellemans. C’est le legs de sa collection composée de dizaine de milliers de livres par Charles Hulthem qui a décidé l’Etat de créer une bibliothèque.La chapelle de Nassau est le seul vestige d'une époque plus ancienne.


Une statue d'Albert Ier à cheval oeuvre de Joseph Courtens s'y trouve en contrebas, non loin de celle de son épouse la reine Elisabeth. Non loin de là, près aussi du palais des Congrès, se trouve une horloge monumentale qui contient un carillon jouant tantôt un air de Peter Benoît tantôt l'air « Où peut on être mieux » de André Grétry. Les cloches du carillon sont le symbole du mariage et les aiguilles de l'horloge comme le symbole de deux amoureux qui parfois sont éloignés l'un de l'autre mais finissent toujours par se retrouver. Le bruit des cloches doit effrayer le diable et les mauvais esprits et les tenir le plus loin possible des jeunes époux.


La palais des Beaux-Arts inauguré en 1928 est un projet architectural mené par Horta sous l’impulsion du mélomane Henri Le Bœuf dont une salle de spectacle rappelle la mémoire.

La Reine Elisabeth en fit aussi son projet personnel malgré les réticences des politiques. Son toit est au même niveau que la rue Royale.

Dans la gare centrale, dont le croquis avait été dessiné dès 1919 par Victor Horta, on peut voir une fresque murale illustrant au centre Bruxelles avec Saint Michel, à gauche la Flandre et son architecture (Bruges,...) et à droite la Wallonie et son industrie (Tournai, Binche, Dinant,...). La gare centrale a été terminée, au milieu de la jonction Nord-Sud, en 1954, soit 7 ans après la mort de son dessinateur, avec l'aide de Maxime Brunfaut.


Devant l’église Saint -Jacques en Coudenberg, se trouve une statue équestre de Godefroid de Bouillon (œuvre de Eugène Simonis en 1882) brandissant son épée-qui en 1099 libéra , à la demande du pape Urbain II, à la tête d’une croisade la ville Sainte Jérusalem au cri de « Deus lo vult » après être passé par le Bosphore et Constantinople - dont l’épée est présentée dans l’exposition « Made in Belgium ». Auparavant, à cet endroit, se trouvait la statue de Charles de Lorraine aujourd’hui près de la chapelle protestante.

Marie-Thérèse, la belle sœur de Charles de Lorraine, souhaitait que la construction des bâtiments à construire du côté latéral du parc soit assurée par un financement privé , soit des institutions religieuses et par exemple les Norbertains de Grimberghen feront construire par Guimard l’hôtel Errera, un ensemble néo-classique de 1781 qui abrite aujourd’hui une résidence de prestige et d’apparat du gouvernement flamand, dont certaines salles sont décorées à la feuille d’or, avec des soieries des manufactures Prel à Lyon et qui inclut une salle des miroirs, du « phénix » cet animal mythique qui renaît de ses cendres ce qui est différent de la résurrection du Christ.


Au croisement avec la rue de la Loi, se trouve le Parlement de la Communauté française dans le cabinet musical duquel est venu jouer Johann Strauss.

Il est composé de 94 membres (75 députés régionaux wallons et 19 Bruxellois)et appartient à Compagnie d’Assurance Ethias (anciennement SMAP).

On voit donc que depuis peu les bâtiments le long du parc royal ne sont plus uniquement là pour héberger des institutions fédérales. Au 6 rue de la Loi se trouve l’hôtel Torrington, construit par l’abbaye d’Affligem, qui jouxte le Sénat et abrite les bureaux de la présidence de la Communauté française. Au n°12, l’hôtel des Finances, un hôtel de belle prestance de style Louis XV néoclassique construit par Montoyer. Terminé en 1784 l’intérieur a conservé un bel ensemble de salons de style Louis XVI.


En 1822 la rue Royale fut prolongée jusqu’à la porte de Schaerbeek. Cinq ans plus tard, la rue de la Régence fut percée.

La Cour d’arbitrage (dans un bâtiment style Louis XVI (1776) qui a abrité le Ministère des Colonies et la Bibliothèque africaine, est une juridiction créée par une loi de 1983 composée de six juges francophones et six néerlandophones,- certains des juristes éminents, d’autres des politiciens n’ayant pas nécessairement une formation juridique-qui s’occupe du contrôle du respect des articles de la Constitution garantissant le principe d'égalité, la non-discrimination et les droits et libertés en matière d'enseignement (auparavant il n’y avait pas de contrôle de constitutionnalité des lois comme en Allemagne(« Verfassungericht »à Karlsruhe)), des droits et libertés garantis par le titre II de la Constitution ainsi que par les articles 170 (légalité en matière fiscale),172 (égalité en matière fiscale) et 191 (protection des étrangers) et des conflits de compétence entre normes prises par Régions, Communautés et Etat fédéral, ce qui constituait sa compétence initiale. Vu l'élargissement de ses compétences, elle porte le nom désormais depuis le 7 mai 2007 de « Cour constitutionnelle ».

Elle peut être saisie par un juge d’une juridiction ordinaire pour une question préjudicielle ou par un particulier qui s’estime par exemple discriminé par telle législation.


La place royale a été reconstruite après 1794 en style classique sous l’impulsion de Charles de Lorraine. Sous Charles V on construisit une vaste chapelle palatine jouxtant « l’aula magna » construite sous le règne de Philippe le Bon. C’est dans cette salle que Charles V fut émancipé et prit le pouvoir à l’âge de 15 ans (1515) et qu’il abdiqua. Il y avait aussi une chapelle en hommage à ses parents qui avait les dimensions de la sainte Chapelle à Paris. Elle fut détruite lors de l’incendie du Palais au 18ème siècle. Les vestiges archéologiques découverts sous la place royale donnent une idée de ce que fut cette résidence princière à la fin du Moyen Age et aux Temps modernes.

La place Royale( précédemment appelée « place des Bailles ») où se trouve une statue de Godefroid de Bouillon ( ce dernier ayant vendu ses terres pour partir en croisade fut choisi par le pape comme roi de Jérusalem en 1099) possède 8 pavillons symétriques. Elle a été réaménagée sous l'époque autrichienne.C'est Charles de Lorraine qui contribua à son réaménagement.

L’église Saint Jacques en Coudenberg ne fut pas démolie durant la révolution française car elle fut utilisée comme « Temple de la Liberté, Moïse et David, les deux statues sur le parvis étant censées remplacées par Ikos et Solon les deux démocrates athéniens.Elle fut rendue au culte catholique en 1802 par Napoléon. Elle a l'aspect d'un temple gréco-romain.

Pour eux, les frises représentaient le combat du bien et du mal. Rappelons que le roi Léopold 1er y prêta le serment de fidélité à la Constitution le 21 juillet 1831 mais aussi Guillaume d'Orange lorsqu'il reçut nos provinces en 1815.C'est Charles de Lorraine qui y posa la première pierre .


La construction du palais de Charles de Lorraine a débuté vers 1770 par le cabinet des estampes et Napoléon 1er qui fit de Bruxelles la préfecture du département de la Dyle et qui voulait promouvoir les musées publics fit construire la partie centrale tandis que Léopold II vers 1850 initia la construction du Musée d’art ancien. L’unité de style est remarquable malgré que la construction se soit étalée sur un siècle. Le puits de lumière au centre est l’inverse de la pyramide du Louvre. S'y trouve aussi la chapelle protestante, doée d'un orgue de valeur. lieu de nombreux concerts .


La Cour des comptes installée depuis 1984 dans une des plus belles demeures de Bruxelles, de style néoclassique, érigée sous l’impulsion de Charles de Lorraine et le comte de Spagen par l’architecte B. Guimard (1776-1781) qui fut possession de la famille Vilain XIIII, où naquit Albert 1er en 1875, que lui même vendra en 1921 à la Banque de Bruxelles.

Créée en 1830, c’est la plus ancienne des institutions publiques de Belgique, c’est un organe dépendant du pouvoir législatif qui exerce un contrôle financier, de légalité et de bon emploi des deniers publics par les organismes et institutions publics. Coïncidence curieuse, la Cour des comptes est située presque à l’emplacement même qui avait vu fonctionner la première Chambre des comptes du Duché de Brabant, créée le 20 février 1406 par Antoine de Bourgogne, fils de Philippe le Hardi et héritier du Brabant et du Limbourg.


Celle-ci n’est pas à confondre avec le Conseil d’Etat (créé par une loi de 1946) qui se trouve depuis 1948 au 33, rue de la Science dans le palais du marquis d’Assche(Comte Edouard Vandernoot) dont la façade de style renaissance italienne -que l’on doit à A.Balat, un architecte à la cour de Léopold II qui oeuvra aussi aux serres de Laeken-, évoque le palais Farnèse à Rome. Il sera vite considéré comme l’édifice de référence du quartier Léopold. Albert 1er y vécut entre 1901 et 1909 et le roi Léopold III et le régent Charles y naquirent.

Il est divisé en une section administration (sorte de juridiction administrative suprême contre toutes les décisions des autorités administratives) et une section de législation .

( analyse ex ante de légalité de certains projets et propositions de loi, d’ordonnance ou de décret que le législateur n’est pas obligé de suivre sauf exceptions).

On trouve aussi rue de la régence les musées royaux des Beaux-Arts, la Synagogue(construite en 1878 sur les plans de l’architecte De Keyser pour la communauté israélite la plus ancienne de Belgique;1200 places) et le Conservatoire de musique et l’église Notre-Dame du Sablon.

Cette église fut construite en remerciement aux arbalétriers qui avaient protégé une Vierge noire transportée par un bateau venu d’Anvers par Beate Soetkens, bateau qui s’était échoué sur une sablonnière d’où le nom « Sablon ». La chapelle funéraire fut réalisée par la famille de Tassis qui fut chargée de réaliser les premières liaisons postales entre les cours habsbourgeoises d’Allemagne des Pays Bas ,d’Italie et d’Espagne.

La famille « Thurn et de Tassis »,originaire de Bergame en Italie (qui reçut pour mission de réaliser les premières liaisons postales régulières entre les cours habsbourgeoises d'Allemagne, des Pays-Bas,d'Italie et d'Espagne), résida durant deux siècles au Sablon (voir plaque le rappelant rue de la Régence) et donne son nom au site « Tour et Taxis » où se déroule pas mal d’événements dont le festival « Couleur café » en fin juin de chaque année. S'y est déroulé notamment une exposition sur Albert Einstein, inventeur de la théorie de la relativité (E=mc²) et des kwantums, qui se réfugia dans notre pays pour fuir les Nazis et obtint un appui financier d'un membre de sa famille résidant chez nous pour financer ses études à l’université de Zürich.


Au petit Sablon se trouve aussi le palais d’Egmont qui abrite une partie du ministère des affaires étrangères et de la coopération au développement. S’y est tenue une exposition sur 175 ans de diplomatie belge. C’est dans ce palais que fut signé le compromis des Nobles (infra) et que Mozart (dont on fête le 27 janvier le 250è anniversaire de la naissance à Salzbourg-son nom « Moz-erd » voudrait dire aussi «  terre de marais ») a joué au XVIIIème siècle. Voltaire, Rousseau et Louis XV y sont passés aussi. Ayant appartenu à six générations de la famille d’Arenberg, ayant été également propriétaire du château d’Enghien (racheté il y a plusieurs années par la commune pour éviter un lotissement immobilier) et de Heverlee( depuis 1612,par le mariage de Anne de Croÿ avec Charles de Ligne, prince d'Arenberg), son escalier d’entrée, fabriqué avec dix sortes de marbres différents est une copie de celui du château de Versailles tout comme on y trouve une galerie des glaces. C’est dans le jardin -où figure une sculpture de Pierre Culot- qu’en 1798 s’est envolée la première Montgolfière.

Egmont, homme de guerre hollandais né à La Hamaide, cherchant à arracher les provinces flamandes à la domination espagnole, a inspiré en 1788 la plus belle tragédie de Goëthe selon Madame de Staël, tragédie mise en musique par Beethoven en 1810.


Les musées royaux des Beaux Arts furent créées par Napoléon en 1800. Des extensions en furent réalisées en 1974. On peut y voir exposé le plus ble ensemble d'art national du 14è au 20è siècle, ainsi que de nombreux chefs-d'oeuvre de l'art étranger,parmi les 17.000 oeuvres (peintures,sculptures,collection graphiques et objets d'art divers) que conservent ces musées.La collection d'art moderne fut créée en 1834 et vint compléter les oeuvres d'art ancien conservées au Palais de Charles de Lorraine.

Le Conservatoire royal de Musique fut créé par un arrêté royal de 1832. A l'origine situé dans l'Ancien Conseil des Finances sis rue des Sols, il fut d'abord dirigé par François Joseph Fétis;

le bâtiment actuel oeuvre de Cluysenaar (1811-1880) possède un fronton du sculpteur Rodan. Il fut aussi dirigé par François-Auguste Gevaert après Fétis.


Pas loin de là, au n°2 de la rue Montagne de la Cour se trouve une belle façade art nouveau œuvre de l’architecte Paul Saintenoy, construite en 1898-1899 pour le magasin chic de vêtements anglais « Old England » qui s’y était établi en 1886. C'est le plus grand musée des instruments de musique du monde avec 1.200 instruments exposés ( un total de 14.000 pour l'ensemble avec ce qui est en réserve) et sa structure en fonte a été offerte par le directeur des forges de Clabecq de l'époque,Goffin, c'est un hommage à la métallurgie tout comme l'est l'Atomium. La pharmacie en style néo-renaissance flamande adjacente est du même architecte et l' « hôtel Ravenstein » à qui suit à gauche est le seul vestige de style bourguignon qui a subsisté après l'incendie de 1731.

On jouit d'une des plus belles vues de Bruxelles du restaurant du MIM au 6è étage, tout comme depuis le palais de justice (à proximité de l'ascenseur ) et du 10è étage du parking « 58 » construit pour l'exposition universelle à proximité de la place De Brouckère.



NB:On doit à cet architecte d’avoir aussi collaboré à la rénovation de la maison de l’avocat Losseau à Mons, adjacente au palais de justice et qui est un chef d’œuvre de l’art nouveau dans la cité du « doudou ». Ce bâtiment abrite depuis juin 2000 l’intéressant musée des instruments de musique.(MIM) Du haut de ce bâtiment où se trouve un restaurant on jouit d’un des plus beaux panoramas sur Bruxelles tout comme lorsqu'on monte au 10è étage d'un parking proche de la place De Brouckère.

(A noter que pas loin de la maison Losseau à Mons, au n°76 de la rue de Nimy se trouve le Mundaneum qui contient plusieurs millions de fiches rassemblées par Paul Otlet (qui fut un des initiateur de la Société des Nations, ancêtre de l’O.N.U) et Henri La Fontaine initiateur de la classification décimale universelle connue des bibliothécaires (CDU) qui reçut aussi en 1913 un prix Nobel de la paix pour sa lutte en faveur de la paix,l'internationalisation et l'octroi de divers droits. Otlet voulait rassembler tout l’état des connaissances dans le monde et est enterré à Etterbeek dans une tombe au sommet de laquelle figure un globe.)


Pour continuer la comparaison-analogie Bruxelles-Mons, on trouve aussi dans ces deux villes un boulevard Dolez ,une rue des fripiers et un boulevard ou une place Sainctelette, ce dernier ayant été ministre des travaux publics de 1878 à 1882. De même on y trouve une rue « Jehan Froissart »(grand chroniqueur de l'histoire de France qui vécut un moment à Chimay et à qui on doit une vaste fresque de la guerre de Cent ans) dans ses deux villes ainsi qu'une rue (François Joseph) Fétis qui ,né à Mons, fut directeur du Conservatoire Royal de Bruxelles et sous Léopold 1er devint chef d'orchestre de la Cour et écrivit une histoire de la musique. Le président des USA John Fitzgerald Kennedy ,assassiné à Dallas le 22 novembre 1963, donne aussi son nom à des avenues à Bruxelles ou à un boulevard à Mons, tout comme d'autres personnages, parfois abordés ailleurs dans ce travail, aussi célèbres que Charles Quint,Winston Churchill, Franklin Roosevelt, le Général De Gaulle, Léopold II ou Emile Vandervelde et Marguerite Bervoets, résistante exécutée lors de le deuxième guerre mondiale ,ont une place, rue, avenue ou boulevard dans chacune de ses villes.

Par ailleurs, la capitale du Hainaut peut s'enorgueillir d'un bel hôtel de ville oeuvre du même architecte que celui de Leuven, Mathieu de Layens et d'un des plus riches patrimoines bâtis de Belgique.

A cet égard, l'historien J.-M. Cauchies et l'historienne d'art C. Piérard sont d'accord pour dire « se promener à Mons, c'est suivre un cours vivant d'histoire d'architecture civile et religieuse ».


Sur la place Royale se trouve aussi l’hôtel de Lalaing qui a abrité une partie du Ministère de la Région de Bruxelles–Capitale qui est implanté au Centre Communication Nord (C.C.N.) et maintenant sur le Boulevard du Jardin Botanique (City Center).


Non loin de là, en face du MIM, se trouve aussi une sculpture moderne, oeuvre d'Alexander Calder, « the Whirling Air » vestige du pavillon américain lors de l'exposition universelle de 1958.


Le petit sablon, construit par Henri Beyaert comme la maison des parlementaires, est un petit parc avec 48 colonnettes en bronze symbolisant les corporations ainsi que les statues des comtes d’Egmont et Hornes (Philippe de Montmorency) qui, le 5 juin 1568, furent décapités par le Duc d’Albe pour s’être ligués contre l’Espagne (infra). (Ils seront considérés comme des victimes de la tyrannie de Philippe II, surnommé « l’ange exterminateur »). C’est aussi à la suite de la fermeture des théâtres par Philippe II que naquirent les marionnettes de bois ou « poechenelles » . Elles remplaçaient les acteurs contraints de ne plus pouvoir s’exprimer en public. Ainsi des théâtres de marionnettes virent le jour dans la clandestinité. Leur répertoire était largement susceptible d’alimenter la révolte contre l’occupant espagnol.

José Géal a maintenu la tradition de cet art populaire dans son impasse (anciennement appelée « risquons tout ») Schuddenveld et son fils Nicolas la poursuit.

Toone fonctionne depuis 1966 et présente des pièces en plusieurs langues librement adaptées de Corneille, Molière,…

La demeure a été construite en 1696, douze mois après le bombardement de Bruxelles.

(L’œuvre de Michel de Ghelderode s’inspire aussi souvent de l’occupation espagnole en Flandre.)


Le voûtement de la Senne s'est justifié non seulement pour éviter les épidémies mais aussi par les besoins de la bourgeoisie venue s'implanter à Bruxelles et on avait besoin de construire de nouvelles maisons.

« L' hôtel des chats » près de l'hôtel Métropole ( oeuvre de l'architecte Adrien Blomme comme les Brasseries Wielemans-Ceuppens à Forest)

a gagné le premier prix d'un concours d'architecture et on a à cette occasion sollicité l'avis de Hausmann.

La Senne passait notamment au niveau du boulevard Adolphe Max et de la place St Géry et Sainte Catherine.Les boulevards intérieurs furent ainsi créés.


L'abbaye Notre-Dame de la Cambre, fondée en 1201 par une dame bruxelloise du nom de Gisèle qui y créa un couvent de femmes suivant la règle monastique de Citeaux,fut éprouvée par les guerres successives et fut vendue à la révolution française comme bien national. L'institut cartographique (appelé aujourd'hui IGN, institut géogrpahique national) s'y installa en 1874 ainsi que l'école militaire jusqu'en 1909.


A noter que comme d'autres villes (ex. Mons) Bruxelles était entourée au Moyen Age d'une double enceinte l'une du XIIIè (ou 1134 ?)siècle dont subsistent quatre tours de défense dont la tour « de Villers » qu'on peut voir dans l'Institut Sint Jooris, rue des Alexiens et la tour dite d'Anneessens près de l'église de la Chapelle, et la « tour noire » près de l'église Sainte Catherine et adossée l'hôtel Novotel), l'autre du XIVè (1357-1983) dont subsiste la Porte de Halle et dont le tracé est celui de la petite ceinture. La première enceinte s'étendait sur quatre kilomètress, de la cathédrale des Saints Michel et Gudule à la porte Sainte Catherine en passant par l'actuel quartier royal, la Porte Saint Jacques (dans le quartier du même nom), la Steenpoort (voisine de l'actuelle rue Haute) et l'Ouest de Saint Géry. Elle englobait ainsi les deux collines du Treurenberg et du Coudenberg, sur lesquelles s'érigeaient le palais ducal et la première collégiale romane des Saint Michel et Gudule.

On en observe encore les ruines boulevard du Souverain notamment tout près de la rue haute juste à côté du bowling Crosly. Le nouveau périmètre défini par la nouvelle enceinte allait comprendre en partie les petits villages qui commençaient à s'étendre autour de la ville, dont le hameau d'Obbrussel sur le territoire de Saint Gilles. Cette nouvelle enceinte n'allait pas suffire à protéger Bruxelles du bombardement de 1695 ni de la prise de la ville par les troupes françaises en 1746. La porte de Halle est la seule porte qui demeure, car elle servait de prison au moment où au XVIIIè siècle on avait décidé de démolir toutes les autres portes.


Entre 1885 et 1958 eurent lieu différentes expositions universelles à l'origine pour montrer le know-how belge.

Une exposition universelle aura déjà lieu à Bruxelles en 1900 et (en 1935 donc avant celle de 1958) dont le souvenir subsiste par l’érection de la Tour japonaise et le pavillon chinois à Laeken . Subsistent de l’expo de 1958 l’Atomium (représentant une molécule de cristal de fer agrandie 165 milliards de fois; il a fallu dix mois d’étude et dix huit mois de construction; sa hauteur est de 102 m ; on est entrain de rénover les parois des 9 boules; son auteur André Waterkeyn vient de décéder le 4/09/05) et les palais du Heysel dont l’ancien premier ministre Paul Van den Boeynants (vers 1970) fut un des administrateurs. Ce dernier à l’origine boucher ,devenu premier ministre, qui fut un des dirigeant du CEPIC (affaire du Baron de Bonvoisin ), aile droite du PSC dissoute par Gérard Deprez, se verra condamner par la Cour d’appel pour fraude fiscale par le juge Carlos Amores y Martinez qui le traitera de « fraudeur invétéré »et sera enlevé par la suite en début 1989,séquestré au Touquet par le bandit Patrick Haemers et on connaît la façon théâtrale bien à lui avec laquelle il se demandait « mais qui, qui m’a enlevé ?,  si c’était dans le Nord, c’était plus loin que le Nord !» qui deviendra d’ailleurs un succès au hit-parade. Haemers sera capturé à Rio au Brésil et se suicidera dans sa cellule de la prison de Forest.

Cette exposition de 1958 sera inaugurée par le roi Baudouin et le premier ministre Achiel Van Acker connu pour son  zézaiement  qui dirigea un gouvernement d’union nationale au lendemain de la première guerre mondiale.


Bruxelles est aussi une des villes les plus vertes d'Europe : outre le bois de la Cambre (Ter Kamerenbos) au bout de l'avenue Louise, la forêt de Soignes (Zoniënwoud), de nombreux parcs sont le rendez-vous des promeneurs,joggeurs et amoureux . Ainsi outre le parc royal (Warandepark) et le parc du Cinquentenaire (Jubelpark) cités plus haut, Emile Laine a aménagé le parc de Tervueren (arboretum), le parc de Woluwé -le long de l'avenue de Tervueren , proche du « Chant d'Oiseau (Vogelzang) et qui inclut les étangs Melaerts-et de Forest (ajouter le parc Duden toujours à Forest)


Plus récemment, des projets dès 1962 ont abouti à la destruction de vieux quartiers (Quartier nord) pour faire place au World Trade Center (WTC) à l'instigation de Charlie De Pauw et au projet Manhattan (1968).

On doit aussi citer comme bâtiments récents: le bâtiment de la BBL (ING)( square de Marnix), la Royale Belge (Boulevard du Souverain par Stapels et Dufau) , le siège de Glaverbel (chaussée de la Hulpe,1967), la palais du Berlaymont au rond-point Schuman et la caisse patronale rue Hôtel des Monnaies (1967-1970).

En 1963 et 1975 quinze tours furent construites, dont celle de l'hôtel Hilton, la tour Philips, la cité administrative, la tour de la Poste.

Au niveau commercial, le Woluwé Shopping Center date de 1968, à quoi il faut rajouter le Westland Shopping Center à Anderlecht et le Basilix à Berchem Saint Agathe.

En 1975, la rue Neuve devint un piétonnier.

Au niveau des universités, la VUB et l'ULB construisirent des bâtiments sur la plaine des Manoeuvres, la clinique Erasme fut érigée par l'ULB au début des années 70 tandis que les facultés Saint-Luc dans le domaine médical de l'UCL furent érigées sur le site de Woluwé Saint Lambert suite au « Walen Buiten ». Le penseur personnaliste Emmanuel Mounier a donné son nom au centre sportif de l'UCL situé tout près de la station de métro Kraainem tandis que le centre sportif de l'Adeps se trouve lui à Auderghem, le long de l'embranchement de l'autoroute qui va vers Namur et Luxembourg.


Le Résidence Palace, construit entre 1923 et 1926,sis rue de la loi à proximité du rond-point Schuman, a constitué le plus grand complexe de maisons-appartements que l'Europe ait connu alors et a été construit par l'architecté suisse Michel Polak financé par le banquier wallon Lucien Kaisin. Cet ensemble destiné jadis à une clientèle de luxe contient notamment un théâtre, une piscine en sous-sol, bain turc, salle de gymnastique et court de tennis.


La Brasserie Willemans-Ceuppens qui abrite aujourd'hui à Forest le nouveau musée des arts contemporains était la seule à posséder ses propres cafés (10), comme le « grand café » près de la Bourse,

le seul qui était ouvert jour et nuit, cela étant symbolisé par une sculpture sur la façade d'un coq et d'un hibou; le Falstaff; le Métropole,..


La Bourse est décorée de quatre lions de Rodin qui a décoré aussi le conservatoire royal, rue de la Régence. A noter aussi que précédemment Bruxelles possédait un beffroi comme dans d'autres villes belges et le plus grand béguinage belge dont l'église subsiste.

La Basilique du Sacré Coeur de Koekelberg, construite en 1905, est la cinquième église la plus grande du monde après Yamasukro, St Pierre à Rome, St Paul à Londres et Florence.


Le boulevard Anspach prolongé par Lemonnier a été lui construit en style hausmannien français. Tous les noms donnés ux boulevards( Anspach, Max, De Brouckère,....) sont des noms d'importants bourgmestres au 19è siècle.

Dans le quartier des Marolles, qui à l'origine hébergeait des lépreux (origine de l'hôpital St Pierre), se sont regroupés divers ordres religieux ( les « Mariamcollentes » (Maricolles), les Brigittines et les Capucins qui s'occupaient des pauvres qui vivaient dans ce quartier. Ce quartier à un moment donné possédait la plus grande concentration d'écoles.

Dans Notre Dame de la Chapelle ( l'une des trois églises gothiques de Bruxelles avec la cathédrale et Notre-Dame du Sablon), on trouve la tombe de Breughel l'ancien qui représenta le peuple dans ses peintures et vécut au 132 rue Haute de 1562 à 1569. Chaque année le 2è week-end du mois de septembre y ont lieu les fêtes breughéliennes.

Non loin de là se trouve l'église des Brigittines, aujourd'hui désacralisée en théâtre, l'une des deux églises baroques de Bruxelles avec Notre-Dame du Béguinage.

Dans la rue des Tanneurs, il faut admirer les sgraffites du palais du vin (où venaient s'approvisionner les détaillants en vin) illustrant les différentes régions vinicoles. Dans ce palais se trouvent aussi les ateliers de la chocolaterie Marcollini, et un quota d'emplois y est réservé à la population des Marolles.

Dans la rue Saint Ghislain, on trouve le « Mont de Piété » (Berg van barmartigheid, ou plus populairement « chez ma tante ») datant de 1618 et qui fonctionne toujours bien: il s'agit de l'ancêtre des banques de prêt, en échange du dépôt d'un gage). Le « jardin d'enfants » est l 'oeuvre de Victor Horta.

Non loin du Sablon, l'ancienne maison du peuple construite par Horta a été détruite pour faire place à un immeuble moderne : c'était plus rentable vu l'augmentation du prix au m². ( phénomène général de « Sablonisation ou « gentryfication » qui signifie l'arrivée d'une population riche à Bruxelles vu les prix élevés des logements ).

Sur la place du jeu de Balle (en néerlandais assez curieusement traduit « Vosseplein » parce que s'y trouvaient auparavant la fabrique de locomotives Devos qui construisit notamment les premières locomatives qui en 1835 relièrent Bruxelles à Malines). Chaque matin s'y tient une brocante. S'y trouvent aussi la caserne des pompiers, oeuvre de Poelaert, l'église des Capucins et les Bains (piscine gardant son cachet ancien) au 2è étage. Le quartier des Marolles contient beaucoup de logements sociaux ( presque un sixième de la population dépend du CPAS de la ville qui est doté d'un grand parc immobilier ) et notamment le quartier Elisabeth (ainsi nommé car la reine Elisabeth était présente à son inauguration en 1913), rénové récemment, de style art nouveau est le premier quartier modèle continental (après Liverpool en Grande Bretagne).

C'est Henri Beyaert qui a restauré la porte de Halle. Dans la rue Haute, on trouve la maison de Toots Thielemans, spécialiste de l'harmonica (au n°243), au n°205 l'ancien cinéma Rialto racheté par F.X. De Beukelaer créateur de l'élixir d'Anvers, une fresque de Kick et Flupke, créés par Hergé (pour l'anniversaire des 100 ans de sa naissance n'a été organisée qu'une exposition au musée Belvue) et la Manufacture Jacqmotte (1828) -aujourd'hui rachétée par Douwe Egberts) qui abrite le siège de la banque Triodos spécialisée dans l'économie sociale et un beau jardin.


Voici pour terminer la signification de quelques noms de rues ou artères de Bruxelles :

La rue Neuve tire son nom du fait qu'elle constituait auparavant un des remparts de la ville et qu'on a dû la créer.

Le boulevard Anspach, du nom d'un bourgmestre fait prisonnier par les Allemands s'appelait auparavant Boulevard du Nord, et porta ce nom durant sa captivité alors que ce dernier continua à utiliser

son ancien nom sa vie durant. Par contre Flagey demanda de débaptiser la place Ste croix en place Flagey de son vivant.

Pour continuer dans la signification des noms de rues, citons la place Saint Job, vénéré depuis le XV è siècle par la confrérie des musiciens. Dépouillé de ses biens après avoir connu la richesse, Job retrouva ,paraît il ,celle ci grâce à sa fidélité à Dieu. (d'où l'expression « pauvre comme job »)

Saint l'Alphonse (de Liguori) qui donne son nom à une rue de Saint Josse ten Noode, fut un avocat brillant gagnant toutes les causes qui consacra la fin de sa vie à aider et défendre les pauvres et fonda les rédemptoristes de Saint François de Sales.

Toujours à Uccle, l'avenue Brugmann provient de Mr Brugmann, développeur économique du Congo, qui marqua un grand intérêt pour l'urbanisme (avenue Longchamps ,Globe,...), un des premiers bienfaiteurs de Bruxelles qui descendait d'une famille de greffiers, notaires et pasteurs.

Charles Faider, qui donne son nom à une rue à cheval sur les territoired 'Ixelles et de Saint Gilles, fut avocat général à la cour d'appel de Bruxelles et écrivit plusieurs textes sur les institutions communales.

Eugène Flagey (place), d'origine chimacienne fut un brillant avocat, député et premier magistrat, il fut aussi bourgmestre d'Ixelles entre 1935 et 1953.

Le Général Meiser est un homme politique belge né à Saint Josse (1857-1940)

Le parc Josaphat à Schaerbeek, lieu de Terre sainte, a été ainsi nommé car la vallée du Roodebeek y ressemblait.

Edmond Machtens (boulevard à Molenbeek) fut résistant et bourgmestre de Molenbeek- Saint- Jean et résistant entre 1939 et 1978.

Van Praet (pont) fut en 1830 émissaire du gouvernement provisoire à Londres pour chercher un roi.

Léopold Wiener est un sculpteur, notamment concepteur de pièces de monnaies de Léopold 1er et concepteur des premiers billets de banque; place Wiener se trouve la maison communale de Watermael-Boitsfort. S'y déroule chaque année en fin juillet pour la fête nationale suisse (premier août) des festivités avec cor des Alpes. Des films sont parfois projetés en été à l'extérieur.

(Braemt qui donne son nom à une rue de Saint Josse où se trouve le théâtre innovant « Le Public » est lui le graveur des premières monnaies).

Hippocrate (avenue à Woluwé Saint Lambert) a écrit dans l'antiquité grecque le code moral éthique pour l'exercice de la médecine.

Belliard ( rue où se trouve le Goëthe Institute pour le développement de la langue et culture allemande) est le premier ambassadeur de France en Belgique tandis que Simon Bolivar (boulevard près de la gare du Nord et des tours WTC et statue équestre sur le boulevard F. Roosevelt ) est le libérateur de l'Amérique latine.

Delacroix(nouvelle station de métro après Clémenceau), né à Saint Josse-ten-Noode,fut batônnier de l'ordre des avocats à la Cour de Cassation, et le premier « premier ministre belge »  cette fonction s'appelant avant chef de cabinet. Il fut aussi ministre des Finances et Affaires étrangères (1918-1920), instaura le suffrage universel masculin, la journée de travail de 8h et participa aux entretiens de Lophem avec le roi Albert 1er.

Janson participa aussi en 1912 à la réforme du système électoral.

La rue Haute dire son nom du fait qu'elle est située en hauteur alors que la rue Basse tire son nom d'un teinturier qui portait ce nom.

« La place de la petite Suisse doit elle son nom à la Confédération helvétique et si oui, pourquoi ?

Réponse à la première question: oui mais à condition de savoir que ce lieu -dit se situait auparavant au rond point de l'Etoile, point culminant de Bruxelles à 105 m d'altitude, dépassant l'Altitude 100.

Il y avait également dans ce quartier une laiterie appelée « la petite Suisse ».A cette époque qui disait vache pensait Suisse et vice et versa.

Quant cette « Suisse » fut arasée, la place de la petite Suisse devint le rond-point de l'étoile et comme l'appelation se trouvait libre, on la déplaça chaussée de Boondael. »


Pour plus d'infos sur les rues de Bruxelles, voir « Histoire insolite des rues de Bruxelles », Georges Lebouc, 2007, éd. Racine